Kinshasa, 06 août 2025- Lors de la cinquième audience du procès de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, la Cour de cassation a auditionné deux témoins clés ce mercredi. L’ex-ministre de la Justice Rose Mutombo et le professeur Amisi Herady, directeur général du Guichet unique de création d’entreprise. Tous deux ont comparu en qualité de renseignants dans le dossier portant sur un présumé détournement de fonds publics.
Rose Mutombo a été entendue sur la gestion des fonds reçus de l’Ouganda, soit 65 millions de dollars versés en réparation aux victimes de la guerre de six jours à Kisangani, conformément à une décision de la Cour internationale de Justice. Elle a précisé que la majorité de ces fonds a été transférée à l’établissement FRIVAO, tandis qu’une part mineure est revenue à l’État congolais.
L’ancienne ministre a apporté des précisions sur le mécanisme mis en place. Les comptes du gouvernement et de FRIVAO existaient avant son arrivée au ministère, et c’est le ministre de la Justice qui effectuait les virements vers FRIVAO. « Ce n’est pas moi qui ai créé ce compte. Je l’ai trouvé en arrivant. Il existait déjà avant moi, ce sont mes prédécesseurs qui l’ont ouvert. Lorsque l’Ouganda a effectué le virement, on a utilisé ce compte. C’est le ministre de la Justice qui vire sur FRIVAO. L’Ouganda, lui, ne connaît pas FRIVAO », a-t-elle insisté. Et de préciser : « l’argent que l’Ouganda verse à l’État congolais est viré par le ministre de la Justice sur le compte FRIVAO. »
Quant au professeur Amisi Herady, il a livré des explications techniques à la Cour sur les documents constitutifs de la société Zion Construct. Il a confirmé l’existence de deux premiers associés dans cette entreprise, qui ont ensuite cédé leurs parts. Il a aussi répondu à d’autres interrogations liées au fonctionnement du Guichet unique de création d’entreprise.
Les avocats de Constant Mutamba ont accueilli avec satisfaction les déclarations de Rose Mutombo, notamment sur les 18,5 % du montant perçu qui sont gérés par le ministère de la Justice, sur orientation du Conseil des ministres. Selon eux, ces précisions viennent conforter la défense. « Monsieur le président, nous sommes satisfaits, nous sommes confortés dans notre position. […] Nous n’avons pas de préoccupation particulière, nous sommes satisfaits d’éclairages de la renseignante devant votre Cour », a déclaré l’un des avocats du prévenu.
Pour rappel, Constant Mutamba est poursuivi pour le détournement présumé de 19,9 millions de dollars destinés à la construction d’une prison à Kisangani. Ce dossier, qui touche aux fonds post-conflit entre la RDC et l’Ouganda, suscite une attention particulière tant au sein de la justice que dans l’opinion publique.
