Kinshasa, 07 août 2025- La Haute cour militaire, siégeant à Kinshasa ce jeudi, a ajourné l’affaire en cours. Elle a fixé la date du 21 août prochain pour permettre la lecture du réquisitoire du ministère public, suivie des plaidoiries des avocats de la défense.
Durant cette audience, la Cour a annoncé qu’elle estimait être suffisamment renseignée sur les éléments du dossier, mais qu’il était désormais nécessaire de passer à l’étape suivante. « Le ministère public, il faudrait que vous vous prépariez de manière à ce que nous puissions vous écouter, c’est-à-dire le réquisitoire et les plaidoiries », a souligné la Cour, avant de proposer une pause de deux semaines.
Plusieurs éléments de preuve ont été présentés dans la salle, notamment par le biais d’une lecture à haute voix assurée par la greffière en chef, le colonel Jeanne-Françoise Ngalula. Parmi les pièces apportées, figuraient un extrait de l’interview de Joseph Kabila accordée à RFI, le rapport sur le camp de Mugunga, ainsi que des documents du BCNUDH reliant directement l’accusé aux violations des droits humains dans l’Est.
Mais ce sont surtout les photographies diffusées qui ont suscité de vives réactions. Une en particulier a marqué l’audience. Elle montre Kabila siégeant à la droite de Corneille Nangaa, leader du mouvement armé M23/AFC. Ce cliché avait été dûment intégré au dossier par le parquet.
Le lieutenant général Jérôme Likulia, auditeur général, a insisté sur la signification de cette posture. « Le subordonné se met toujours à gauche et le responsable à droite », a-t-il fermement déclaré, laissant entendre une hiérarchie claire entre les deux hommes.
L’ancien président est accusé de faits extrêmement graves, allant de trahison à crimes contre la paix, en passant par des accusations de viol, torture, et occupation illégale de Goma. Le parquet l’accuse notamment d’avoir collaboré avec le groupe rebelle M23/AFC, auteur d’atrocités dans les régions de l’Est.
Autre point sensible évoqué par le ministère public, c’est l’identité même de Joseph Kabila. Une signature « HK » sur un document présenté en preuve est interprétée par les avocats de la République comme les initiales d’Hippolyte Kanambe, nom que le parquet souhaite retracer publiquement pour lever les doutes sur les origines de l’accusé.
Enfin, l’audience s’est achevée sur un témoignage pour le moins troublant. Une interview de l’ex-ministre Ngoy Mukena dans laquelle il aurait admis avoir été chargé d’inventer une origine congolaise à Kabila lors de sa montée au pouvoir. Ce témoignage renforce les interrogations sur la légitimité de l’ancien chef de l’État.
