Kinshasa, 08 août 2025- Malgré la signature de la déclaration de principes de Doha sous la médiation du Qatar, les divergences persistent entre le gouvernement de la RDC et la rébellion AFC/M23. Les deux camps affichent encore des positions différentes concernant les initiatives diplomatiques censées rétablir la paix et la sécurité dans l’Est du pays.
Dans un communiqué publié le jeudi 7 août, le gouvernement, s’appuyant sur les enquêtes du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a dénoncé ce qu’il qualifie de violation flagrante des engagements pris à Doha. Il a également alerté la communauté internationale, notamment les médiateurs et facilitateurs du processus, sur la contradiction manifeste entre les propos du M23/AFC et ses actes sur le terrain.
« Tout en réaffirmant son attachement au dialogue sincère et à la recherche d’une paix durable et définitive dans l’Est du pays, le Gouvernement appelle à la mise en œuvre diligente de la commission d’enquête internationale prévue dans la Résolution A/HRC/RES/S-37/1 adoptée le 7 février 2025 par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies […] pour faire toute la lumière sur tous les crimes commis dans ce contexte d’agression et garantir que leurs auteurs, commanditaires et complices soient identifiés et traduits en justice », précise le communiqué.
Pour Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement et signataire de cette mise au point, « aucun processus de paix ne saurait prospérer sur le silence face à l’horreur ». Une position qui, selon lui, doit rester ferme à l’approche de la prochaine phase des pourparlers de Doha.
« À l’approche de la prochaine étape des pourparlers de Doha, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo rappelle avec gravité qu’aucun processus de paix ne saurait prospérer sur le silence face à l’horreur. La protection des vies humaines reste non négociable et demeure au cœur de l’action de l’État », souligne encore le texte officiel.
Cette mise en garde intervient après deux étapes diplomatiques jugées majeures, en l’occurrence la signature de l’accord de paix entre Kinshasa et Kigali sous la médiation des États-Unis, et celle de la déclaration de principes entre représentants du gouvernement congolais et du M23/AFC à Doha, avec l’appui du Qatar. Ces accords sont vus comme des jalons importants vers une solution à la crise dans la région des Grands Lacs, en particulier dans l’Est de la RDC.
Alors que l’accord de Washington semble avancer grâce à la mise en place d’un comité conjoint de sécurité et d’un cadre d’intégration économique, la déclaration de Doha peine à produire des effets concrets. Plus de dix jours après sa signature, les mesures de confiance nécessaires à la reprise des pourparlers début août restent lettre morte.
Ce blocage inquiète, d’autant plus que le calendrier fixé dans la déclaration prévoyait une reprise des négociations au plus tard le 8 août 2025 et la signature d’un accord de paix global le 17 août 2025. Ces discussions s’inscrivent dans le prolongement de l’accord conclu à Washington le 27 juin 2025 entre la RDC et le Rwanda.
