Kinshasa, 28 août 2025- Le gouvernement de la République démocratique du Congo a fait savoir, ce jeudi, qu’il ne prendra pas part à la Conférence pour la paix consacrée à l’est du pays. Cette rencontre, prévue du 3 au 6 septembre en Afrique du Sud sous l’égide de la fondation Thabo Mbeki, avait pour objectif de réunir divers acteurs politiques et sociaux congolais.
La réunion, programmée à Pretoria, devait rassembler des figures majeures de la scène politique, parmi lesquelles les représentants du mouvement M23-AFC, les opposants Joseph Kabila, Moïse Katumbi et Martin Fayulu, le président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, ainsi que François Beya Eberande Kolongele, conseiller spécial en matière de sécurité. Les Églises catholique et protestante y étaient également conviées.
Cependant, Kinshasa affiche sa réserve vis-à-vis de cette initiative. « Quelles que soient les intentions de l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, le président de l’Assemblée nationale et le conseiller spécial en matière de sécurité ne répondront pas à l’invitation de la Fondation Thabo Mbeki », a affirmé le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, lors d’un point de presse.
Le pouvoir congolais considère que la conférence arrive à contretemps, alors que l’est du pays est secoué par de nouvelles flambées de violences. Dans cette région, l’armée congolaise doit faire face à l’activisme du M23, un mouvement que Kinshasa accuse d’être soutenu par le Rwanda.
« Cette initiative vient d’une personnalité qui a pris la défense de ceux qui agressent et endeuillent les Congolais », a encore dénoncé Patrick Muyaya, sans toutefois citer directement les rebelles du M23 ou leurs alliés présumés. Cette prise de position traduit une volonté du gouvernement de se distancier clairement de la médiation proposée par l’ancien président sud-africain.
Jusqu’ici, aucune réaction n’a été communiquée par la Fondation Thabo Mbeki ni par les organisateurs de la rencontre. Depuis fin 2021, les affrontements entre les FARDC et le M23 ont déplacé plus de trois millions de personnes dans l’est de la RDC, un conflit qui suscite de vives inquiétudes à l’échelle internationale.
