Kabila dénonce un “faux procès” et accuse Kinshasa de vouloir l’éliminer politiquement

Kinshasa, 02 septembre 2025- L’ex-président congolais Joseph Kabila Kabange est sorti de son silence le 1er septembre à travers une tribune transmise à Jeune Afrique. Dans ce texte, il aborde divers dossiers brûlants : son procès en cours où il risque la peine capitale, l’accord récemment signé entre Kinshasa et Kigali, ainsi que les discussions de Doha impliquant l’AFC/M23 et le gouvernement de Félix Tshisekedi.

Kabila affirme que la situation nationale reste alarmante et décrit l’état du pays comme “préoccupant”. Il rappelle avoir présenté, trois mois plus tôt, un plan en douze points pour tenter de mettre fin à la crise, et explique que sa prise de parole est motivée par une “profonde préoccupation pour l’avenir du pays”.

Au centre de sa dénonciation se trouve ce qu’il qualifie de “faux procès”. Selon lui, le Sénat a “illégalement et en violation de la Constitution” levé ses immunités de sénateur à vie et d’ancien chef de l’État, ouvrant ainsi la voie à des poursuites devant une juridiction militaire. Parmi les accusations retenues contre lui figurent trahison, crimes de guerre, viol, torture, complicité avec l’AFC/M23 et soutien à des insurrections armées.

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“Ces accusations, mensongères et politiquement motivées, ont été orchestrées par un pouvoir désespéré et incapable d’assumer la responsabilité de ses propres échecs”, déclare-t-il. À ses yeux, ce procès ne cherche pas la vérité, mais représente une “stratégie pour faire taire l’opposition” et imposer un régime sans contrepoids, avec le risque d’une révision constitutionnelle ouvrant la voie à un pouvoir illimité.

Dans sa tribune, l’ancien président élargit ses critiques aux arrestations massives au sein de l’armée et de la police. “Au cours des quatre dernières années, près de soixante hauts gradés de l’armée et de la police nationale ont été arrêtés et détenus sans jugement”, insiste-t-il, évoquant des cas de torture et de décès en détention faute de soins médicaux. Depuis juillet 2025, plusieurs officiers supérieurs, dont l’ex-chef d’État-major général, ont été arrêtés pour complot, détournement et tentative de renversement du gouvernement.

Kabila interprète ces actions comme des “purges motivées par la volonté d’éliminer […] des personnes considérées comme loyales à l’administration précédente”. Et il avertit : “En persécutant ces derniers, le régime affaiblit les FARDC, sape le moral des troupes et menace la sécurité même de l’État. Un leader qui emprisonne injustement ses propres généraux ne renforce pas la République, il la déstabilise.”

L’ancien chef d’État critique également la gestion économique et accuse l’entourage présidentiel de détourner les richesses du Katanga au détriment de la population. “Les fausses accusations de trahison ne servent qu’à détourner l’attention des nombreux cas de corruption, de mauvaise gouvernance, de tribalisme et de népotisme”, affirme-t-il, dénonçant un “système de prédation des ressources publiques” alors que les Congolais vivent dans une “pauvreté abjecte”.

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Pour conclure, Kabila plaide une nouvelle fois pour un véritable dialogue national. Condamnant les violences contre les ambassades et dénonçant l’accord jugé insuffisant avec Kigali, il appelle les partenaires étrangers à “voir au-delà de la façade”. Pour lui, “les procès, arrestations et persécutions […] visent à consolider le pouvoir, à éliminer l’opposition, et à distraire l’opinion publique de la corruption et de l’insécurité omniprésentes”. Et de conclure : “La politique des bouc-émissaires peut tromper le peuple pendant un certain temps, mais pas pour toujours.”

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