Kinshasa, 12 octobre 2025- Lors de son passage à Bruxelles, le président Félix Tshisekedi a tenu à clarifier sa position sur la question du dialogue national. S’adressant à la communauté congolaise, il a rejeté avec fermeté toute idée de pourparlers impliquant des représentants liés à ceux qu’il qualifie d’« agresseurs » de la République démocratique du Congo. Pour lui, il n’est pas question d’engager des discussions avec des « émissaires des agresseurs », une ligne rouge qu’il dit ne jamais franchir.
Le chef de l’État a dénoncé ce qu’il considère comme des tentatives de manipulation autour de l’appel au dialogue. « Cette manipulation est aussi à l’intérieur du pays. Tous ceux qui parlent de dialogue et qui présentent à leur manière les choses, en disant que nous ne voulons pas du dialogue. Oui, nous ne voulons pas de ce dialogue-là. On veut d’un dialogue entre Congolais qui sont tous contre cette agression », a-t-il précisé, insistant sur la nécessité d’une union nationale face à l’ennemi commun.
Félix Tshisekedi a poursuivi en exigeant une reconnaissance claire de l’agresseur avant toute discussion. « La seule chose que je demande à ces gens, c’est d’abord de nommer l’agresseur clairement, de le condamner. C’est à partir de là qu’on peut dire que ce sont des patriotes. On ne fait pas le dialogue avec les émissaires des agresseurs », a-t-il martelé, ajoutant que ces interlocuteurs ne défendent que « les intérêts des agresseurs ».
Très déterminé, le président a rappelé qu’il ne cédera à aucune pression tant qu’il est en vie : « Quand ils arrivent à la table de discussion, ils parlent que d’intérêts des agresseurs. Je n’arrive plus en tous cas, à moins qu’on me dégomme, on me tue, mais tant que je serai vivant, ça n’arrive pas. » Cette déclaration traduit une volonté de rompre avec les compromis qui, selon lui, ont affaibli la souveraineté nationale.
Félix Tshisekedi a également évoqué les dialogues politiques du passé, souvent conclus par des arrangements militaires qu’il juge néfastes. « C’est à cause de ça que nous sommes toujours dans le problème. Toutes ces farces qu’ils ont appelées dialogue qui se sont terminées par mixages, brassages, je dis plus jamais », a-t-il lancé. Le chef de l’État estime que ces pratiques ont ouvert la porte à des infiltrations dans les institutions nationales.
Il a tenu à préciser qu’il n’est pas opposé au dialogue en soi, mais plutôt à ses déviations. « Je veux bien qu’on discute des problèmes du pays, ça ne veut pas dire que cela doit se terminer par des brassages », a-t-il ajouté, regrettant que certains processus aient intégré « des gens inféodés à l’étranger » et dotés de « nationalités douteuses ».
Ces déclarations surviennent alors que le président Tshisekedi a récemment mis en place une équipe issue de son cabinet pour collaborer avec les confessions religieuses dans le cadre du dialogue national inclusif. Cette structure est chargée d’harmoniser et d’enrichir la feuille de route élaborée par la CENCO, l’ECC et d’autres plateformes religieuses, dans la perspective d’un « pacte social pour la paix et le bien-vivre », conformément à la vision du chef de l’État.
