Kinshasa, 18 octobre 2025- La scène a choqué l’opinion. Jeudi dernier, dans le quartier Victoire à Kinshasa, une tentative de braquage ratée dans une agence de la Rawbank s’est soldée par des images devenues virales. On y voit une femme, se présentant sous le nom d’Honorine Porsche, tirée à moitié nue par des agents en uniforme avant d’être jetée à l’arrière d’un pick-up militaire. Cette séquence a déclenché un vaste débat sur les méthodes des forces de l’ordre.
Face à cette situation, le ministère des Droits humains est monté au créneau. Dans un communiqué officiel, il a dénoncé un traitement jugé « dégradant » et « contraire à la dignité humaine », estimant que, même en cas de flagrant délit, nul ne devrait être soumis à de tels actes.
Les autorités rappellent que la Police nationale congolaise fait régulièrement l’objet d’accusations de brutalité, allant de simples dérapages à des cas de torture sur des personnes en détention préventive ou arrêtées pour vagabondage. « Le Ministère appelle la Police nationale congolaise à plus de professionnalisme et de fermeté dans la lutte contre la criminalité sous toutes ses formes », souligne le communiqué transmis à Enquête.cd ce samedi.
Ce nouvel épisode remet en lumière la recrudescence des braquages armés dans la capitale congolaise. Ces attaques, souvent menées en plein jour, plongent la population dans la peur et posent la question de l’efficacité du dispositif sécuritaire. L’incident de la Rawbank, survenu dans une zone très fréquentée, illustre la complexité de la situation.
Tout en saluant la réactivité du dispositif mixte armée-police qui a permis d’appréhender les suspects, le ministère a également annoncé que des sanctions disciplinaires seront envisagées contre les agents responsables de ce comportement jugé inhumain.
Pour l’heure, les autorités n’ont pas encore communiqué le nombre exact de personnes arrêtées ni précisé les identités des autres présumés braqueurs. Mais une chose est que cette affaire relance le débat sur la frontière fragile entre sécurité et respect des droits humains dans la gestion des situations criminelles à Kinshasa.
