Kinshasa, 5 novembre 2025- Sur instruction du président de la République, Félix Tshisekedi, le gouvernement congolais a décidé d’instruire les Assemblée provinciales de suspendre toutes les motions et pétitions visant les gouverneurs et les membres des bureaux des assemblées provinciales pendant cette période de guerre d’agression à l’Est du pays.
L’annonce a été faite ce mercredi par Jacquemain Shabani, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières, lors d’une réunion à Kinshasa réunissant les gouverneurs des 26 provinces ainsi que les représentants des bureaux des assemblées provinciales.
« Les honorables membres des bureaux doivent conduire leurs assemblées respectives à adopter une résolution suspendant les pétitions et motions durant cette période de guerre », a déclaré le ministre, citant les directives du chef de l’État.
Cette mesure exceptionnelle vise à préserver la stabilité institutionnelle dans les provinces, au moment où le pays fait face à des défis sécuritaires et politiques majeurs.
Ces derniers mois, de nombreuses provinces ont été secouées par des crises politiques à répétition, marquées par la destitution ou les tentatives de destitution de gouverneurs et présidents d’assemblées provinciales. Au Kasaï-Oriental, le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa, destitué en mai dernier avant d’être réhabilité par la Cour constitutionnelle, fait de nouveau face à une motion de défiance pour gestion opaque présumée. Dans la Tshopo, le gouverneur Paulin Lendongolia a récemment été déchu pour mégestion, incompétence et détournement de deniers publics.
D’autres provinces, à l’instar du Kongo-Central, du Maniema, du Kwango et du Haut-Lomami, ont également connu des pétitions en cascade, entraînant la chute de plusieurs présidents d’assemblées provinciales.
Le gouvernement justifie cette suspension par la nécessité de garantir la cohésion nationale et d’éviter des tensions institutionnelles susceptibles de fragiliser davantage la gouvernance locale pendant que le pays est confronté à des enjeux sécuritaires majeurs à l’Est.
Cette directive du chef de l’État est perçue comme une mesure de sauvegarde visant à maintenir l’ordre politique et administratif dans les provinces, le temps que la situation nationale se stabilise.
