Kinshasa, 22 novembre 2025- En mission à Genève dans le cadre d’échanges consacrés à la gouvernance du secteur minier, le ministre congolais des mines, Louis Watum Kabamba, a appelé à une transformation profonde des pratiques entourant l’exploitation et la commercialisation des minerais stratégiques de la République démocratique du Congo.
S’exprimant devant plusieurs organisations économiques et partenaires internationaux, il a dénoncé ce qu’il qualifie d’« hypocrisie » persistante dans la gestion mondiale des chaînes d’approvisionnement.
« Il est temps d’arrêter cette hypocrisie. Le minerai doit être tracé du site d’extraction jusqu’à sa commercialisation », a affirmé le ministre, soulignant la détermination du gouvernement à renforcer la transparence.
La délégation congolaise, conduite par la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, a rencontré notamment la Chambre de Commerce, d’Industrie et des Services de Genève (CCIG), la Fédération des entreprises suisses romandes (FER) ainsi que plusieurs acteurs réunis au Centre pour le Dialogue Humanitaire Henri Dunant.
Ces échanges ont permis de présenter la nouvelle vision du gouvernement congolais en matière de gouvernance minière, fondée sur des standards de traçabilité plus stricts et une responsabilisation des partenaires internationaux.
Louis Watum Kabamba a mis en garde contre la persistance de circuits parallèles alimentés par l’instabilité dans l’Est du pays, et dénoncé certains acteurs qui, malgré des engagements officiels, continuent de fermer les yeux sur l’origine véritable des minerais qu’ils achètent.
Selon lui, l’application partielle des dispositifs de traçabilité constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs permettant la circulation de minerais issus de zones à risque, au détriment de l’État congolais et au profit de réseaux illicites.
Le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à imposer une traçabilité intégrale. Chaque unité de minerai extrait du territoire national devra ainsi être identifiée, suivie et certifiée jusqu’à son arrivée chez l’acheteur final. Cette exigence, selon lui, est indispensable pour garantir l’assainissement du secteur, restaurer la confiance des partenaires crédibles et priver définitivement les groupes armés de sources de financement.
En appelant la communauté internationale à assumer pleinement sa part de responsabilité, Louis Watum a rappelé que la transparence ne peut plus se limiter à des déclarations de principe. Le gouvernement congolais entend désormais appliquer des normes strictes et attend de ses partenaires une adhésion réelle, afin de mettre fin aux zones d’ombre qui minent depuis longtemps la chaîne d’approvisionnement des minerais stratégiques du Congo.
Junior Kanyiki
Économie
