Kinshasa, 25 novembre 2025- Une plainte visant le partenariat conclu entre la République démocratique du Congo (RDC) et le club de football français AS Monaco a été déposée début septembre au Parquet national financier (PNF), à Paris. L’action a été introduite par deux Congolais vivant en France, représentés par Me Hervé Diakiese, un proche de l’opposant Moïse Katumbi et porte-parole du parti Ensemble pour la République qui soupçonne des irrégularités graves autour de ce contrat controversé.
Un partenariat qui soulève des interrogations
Le contrat signé entre l’AS Monaco et le ministère congolais des Sports prévoyait un financement public congolais évalué à environ 4,8 millions d’euros, selon le journal. En échange, le club monégasque devait notamment afficher la mention « RD Congo – Cœur de l’Afrique » sur la manche de ses joueurs.
Pour Me Diakiese, cette dépense pose une question fondamentale:
« Pourquoi a-t-on donné des sommes aussi importantes à l’AS Monaco alors que nous n’avons pas d’argent pour réhabiliter nos infrastructures ? »
L’avocat estime qu’il existe un risque sérieux de « blanchiment de capitaux » et de « détournement de fonds publics », et affirme que ce contrat pourrait avoir été conclu sans justification budgétaire claire au sein du gouvernement congolais.
Des zones d’ombre dans la procédure
Selon la plainte, le ministère congolais des Sports n’aurait pas présenté de budget cohérent pour ce partenariat. Me Diakiese note que :
- Le ministre n’a pas consulté les organes compétents, aucune ligne budgétaire claire n’est identifiée,
- Le financement a pu être effectué « de gré à gré », sans transparence et que le contrat pourrait servir de couverture à des flux financiers douteux.
L’avocat s’interroge notamment
« Si ce montant a été décaissé, où est le budget ? D’où provient cet argent ? Qui a validé ce contrat ? »
Jusqu’ici, les autorités congolaises n’auraient fourni aucune réponse officielle.
L’AS Monaco affirme avoir respecté toutes les règles
Interrogé par le journal au moment du dépôt de la plainte, l’AS Monaco dit avoir pris connaissance de la démarche et assure avoir respecté « toutes les précautions habituelles » dans la conclusion de ce type de partenariat.
Le club précise également que des réunions régulières avaient eu lieu avec les représentants du ministère congolais, et qu’il n’a fait qu’exécuter un contrat dûment signé entre les parties. Monaco affirme que l’accord n’avait aucun autre objectif que la promotion de l’image de la RDC.
Une affaire désormais entre les mains du PNF
Le Parquet national financier a confirmé avoir reçu la plainte, actuellement placée « à l’analyse ». Ce premier stade permet simplement de vérifier si les éléments présentés sont suffisants pour l’ouverture d’une enquête.
Même si aucune procédure formelle n’a encore été lancée, cette affaire pourrait devenir un nouveau dossier sensible, à un moment où la gestion des fonds publics en RDC fait l’objet de débats intenses.
Un partenariat contesté par une partie de la diaspora
Pour les plaignants, le choix de financer un club européen alors que des infrastructures sportives essentielles en RDC manquent cruellement de budget constitue un signal d’alarme. Ils affirment vouloir défendre la transparence et empêcher que l’argent public congolais soit utilisé « sans justification et sans contrôle ».
