Kinshasa, 27 novembre 2025- Alors que les avocats réaffirment leur volonté de récupérer Roger Lumbala pour qu’il soit jugé en République démocratique du Congo, le procès en cours à Paris a connu ce mardi un tournant émotionnel intense. L’ancien chef rebelle et ex-député congolais, poursuivi pour complicité de crimes contre l’humanité et association de malfaiteurs, a comparu à l’audience d’une affaire qui remonte aux années 2002-2003 en Ituri, période durant laquelle son mouvement armé, le RCD-National, opérait en coalition avec des troupes proches de Jean-Pierre Bemba et certains officiers ougandais.
L’audience du jour a été dominée par la déposition d’une victime congolaise, originaire d’une localité passée sous le contrôle du groupe armé dirigé par Lumbala. La témoin, visiblement éprouvée, a livré un récit précis des violences, pillages, humiliations et actes de cruauté subis par la population civile à cette période.
Son témoignage a plongé la salle dans un silence lourd, rappelant l’ampleur des souffrances infligées lors des conflits qui ont ravagé le nord-est de la RDC.
Selon les parties civiles, ces exactions témoignent de la responsabilité directe ou indirecte de l’accusé dans les crimes commis sur les populations civiles, malgré son statut de leader politique et militaire de l’époque.
La partie civile a également introduit de nouveaux éléments à charge. Parmi ceux-ci, plusieurs anciennes interviews médiatiques de Roger Lumbala, dans lesquelles il revendiquait ouvertement son engagement dans la lutte armée et assumait le rôle de son mouvement dans les combats menés en Ituri.
Ces vidéos, datant du début des années 2000, ont été présentées comme des preuves illustrant son implication personnelle dans la dynamique militaire et politique du conflit, renforçant selon les avocats des victimes les charges qui pèsent contre lui.
Cette nouvelle phase du procès intervient alors que la RDC réclame son extradition, au nom du principe du « juge naturel », rappelant que les faits reprochés ont été commis sur son territoire national. Si la procédure en France suit son cours, la pression diplomatique et judiciaire de Kinshasa ajoute un enjeu supplémentaire à une affaire déjà complexe, mêlant droit international, responsabilité pénale et mémoire des victimes.
La suite du procès s’annonce tout aussi sensible, entre confrontation des témoignages, examen des pièces nouvelles et questions sur l’avenir judiciaire de l’ancien chef rebelle.
