Kinshasa, 8 décembre 2025- Le Burundi accuse l’armée rwandaise d’avoir largué des bombes sur son territoire. Face à ce qu’il qualifie d’« acte de provocation d’une gravité exceptionnelle », le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a réuni ce lundi à Bujumbura les diplomates accrédités et les représentants des organisations internationales afin de présenter la position officielle du gouvernement.
Pour Bujumbura, cet incident constitue une violation directe de sa souveraineté et un signal inquiétant dans un contexte régional déjà extrêmement tendu.
Le ministre Bizimana a rappelé que le Burundi demeure fermement engagé dans la promotion de la paix et de la stabilité régionales, mais il a averti que cet engagement ne doit en aucun cas être interprété comme un signe de faiblesse. Il a réaffirmé que le pays « se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires » pour protéger sa population et préserver l’intégrité de son territoire. Le message adressé à la communauté internationale est sans ambiguïté : Bujumbura ne tolérera aucune incursion ni aucun acte hostile émanant de son voisin.
Cet incident survient alors que la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo reste volatile, avec des combats intenses entre les forces régulières congolaises et les groupes armés actifs dans la région. Les accusations récurrentes visant Kigali quant à son soutien présumé à certaines de ces factions nourrissent les tensions entre les pays voisins.
Dans ce climat fragile, le Burundi voit dans l’attaque alléguée, une tentative d’intimidation et une menace directe contre sa stabilité interne.
Le gouvernement burundais a également appelé la communauté internationale à prendre ses responsabilités afin d’éviter une escalade qui pourrait déstabiliser davantage la région des Grands Lacs. Il plaide pour une vigilance accrue, le respect strict des frontières et une condamnation ferme de toute action susceptible d’alimenter des conflits transfrontaliers.
