Kinshasa, 16 janvier 2026- Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a accordé une audience, ce jeudi 15 janvier 2026 à Kinshasa, à Téte António, ministre angolais des Relations extérieures. L’émissaire du président João Manuel Gonçalves Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine, était porteur d’un message officiel destiné au chef de l’État congolais.
D’après la Présidence angolaise, cette rencontre s’inscrit dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours visant à soutenir les efforts de paix et de stabilisation dans l’est de la République démocratique du Congo, région toujours affectée par une insécurité persistante. Au cours des échanges, Téte António a transmis à Félix Tshisekedi un message verbal du président angolais, précise la même source.
Cette audience intervient dans un contexte marqué par la reprise de contacts diplomatiques autour du dossier congolais.
Quelques jours auparavant, le président João Lourenço avait reçu à Luanda une délégation conjointe de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC). Les discussions avaient mis en avant la nécessité d’un processus inclusif de dialogue national, réunissant l’ensemble des Congolais ainsi que toutes les parties concernées par les questions fondamentales du pays, en vue d’aboutir à une paix durable. Les interlocuteurs avaient souligné l’urgence de matérialiser ce processus sans délai.
Ces échanges s’inscrivent dans la continuité des récents entretiens entre les présidents João Lourenço et Félix Tshisekedi. Ils s’ajoutent aux consultations menées par Luanda avec diverses forces sociopolitiques congolaises, dans le cadre des efforts visant à mettre fin au conflit armé qui se poursuit dans l’est de la RDC.
Cette région reste le théâtre de violents affrontements entre les Forces armées congolaises et la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda selon les Nations unies.
Après avoir annoncé, en mars 2025, son retrait du rôle de médiateur dans la crise congolaise, l’Angola semble opérer un retour progressif dans le dossier. Les autorités angolaises ont relancé des consultations élargies et multiplié les contacts avec la majorité des acteurs impliqués dans la crise.
En parallèle, le Togo prévoit d’organiser, ce samedi 17 janvier 2026, une réunion de haut niveau consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs, avec pour objectif affiché de renforcer la confiance et de faire avancer le dialogue.
Cette démarche angolaise ne fait toutefois pas l’unanimité au sein de l’environnement sociopolitique congolais. L’AFC/M23, l’un des principaux acteurs du conflit, indique attendre des clarifications de la part de Luanda, estimant être déjà engagé avec Kinshasa dans le cadre du processus de Doha.
De son côté, le mouvement Sauvons la RDC, proche de l’ancien président Joseph Kabila, exprime également des réserves et privilégie la finalisation des initiatives en cours, notamment celle de Doha, avant toute ouverture vers un dialogue plus large incluant l’ensemble des forces sociopolitiques congolaises.
