Kinshasa, 23 janvier 2026- Le Rwanda a officiellement reconnu, pour la première fois, une coordination sécuritaire avec le mouvement rebelle M23, mettant fin à plusieurs années de dénégations répétées concernant son implication dans le conflit armé qui secoue l’est de la République démocratique du Congo.
Cette reconnaissance figure dans un document publié par l’Ambassade du Rwanda aux États-Unis, dans lequel Kigali affirme que cette coordination est de nature défensive et conditionnée à la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) par les autorités congolaises. Selon le texte, l’incapacité de Kinshasa à éliminer cette menace sécuritaire justifierait, du point de vue rwandais, une collaboration indirecte avec l’AFC/M23.
Le document présente le M23 comme un groupe congolais indépendant, doté de revendications jugées légitimes contre le pouvoir central de Kinshasa. Kigali évoque notamment des assassinats, des violences sexuelles, des discriminations systématiques visant les populations tutsies congolaises, ainsi que le non-respect d’accords de paix antérieurs et l’exclusion politique de certaines communautés.
Le Rwanda affirme que cette coordination vise à protéger les populations tutsies vivant en RDC et à prévenir toute résurgence d’une insurrection transfrontalière à caractère génocidaire, rappelant les violences de la fin des années 1990 qu’il considère comme une menace existentielle pour sa sécurité nationale.
Cet aveu marque un changement de posture notable de la part de Kigali, qui a longtemps rejeté les accusations de soutien au M23 portées par la RDC, les Nations unies et plusieurs partenaires internationaux. Il intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre les deux pays, alors que la communauté internationale suit de près l’évolution de la situation sécuritaire dans l’est congolais.
Sur le terrain, les affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et le M23 continuent d’entraîner des déplacements massifs de populations, aggravant une crise humanitaire persistante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Cette reconnaissance officielle pourrait avoir des répercussions diplomatiques importantes et relancer le débat sur les responsabilités régionales dans le conflit congolais, alors que Kinshasa multiplie les efforts pour faire reconnaître l’implication extérieure dans l’instabilité de l’est du pays.
