Kinshasa, 29 janvier 2026- L’ancien Premier ministre de la République démocratique du Congo, Augustin Matata Ponyo, a vivement critiqué la composition du collège de juges chargés de son dossier, mettant en cause l’impartialité de la justice congolaise.
Reçu ce mercredi au plateau du journal de l’Afrique à la chaîne de télévision TV5Monde, l’opposant s’est dit surpris et inquiet de constater que tous les magistrats appelés à le juger seraient issus de la même tribu que le Président de la République.
« Imaginez-vous : je n’ai été jugé que par des personnes de la tribu du Président de la République. Le premier juge est du Kasaï, le deuxième aussi du Kasaï, et le juge de la Cour de cassation également du Kasaï. Comment, dans un pays qui compte plus de 450 tribus, un ancien Premier ministre peut-il être jugé uniquement par des juges issus de la tribu du Président ? », s’est interrogé Matata Ponyo.
Ces propos relancent le débat sur l’indépendance du pouvoir judiciaire, dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions et des accusations récurrentes d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
Pour ses partisans, cette situation confirmerait l’existence d’une justice sélective, tandis que d’autres acteurs estiment que l’origine ethnique des magistrats ne saurait, à elle seule, remettre en cause la légalité des procédures en cours.
Jusqu’ici, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté du Conseil supérieur de la magistrature ni de la présidence de la République.
Toutefois, cette sortie médiatique de Matata Ponyo pourrait accentuer la pression sur les institutions judiciaires, appelées à rassurer l’opinion publique sur leur neutralité.
