Kinshasa, 18 février 2026- Le lieutenant-général Fall Sikabwe Asinda, directeur général de l’AFRIDEX, a été entendu ce mardi devant la Haute Cour militaire dans le cadre du procès du général Philémon Yav Irung.
Entendu en qualité de renseignant, son témoignage a pris le contre-pied des accusations portées par l’auditeur général des FARDC, qui poursuit l’ancien commandant de la 3ᵉ zone de défense pour trahison, l’accusant d’entretenir des liens de collusion avec des éléments rwandais.
À la barre, Fall Sikabwe Asinda a soutenu que Philémon Yav Irung est au contraire une cible prioritaire de l’armée rwandaise, qui aurait tenté à plusieurs reprises de l’éliminer.
Selon lui, l’hostilité des autorités rwandaises envers certains officiers congolais, dont Yav, remonte à plusieurs années et se traduit par des tentatives de pression et d’intimidation sur le terrain à l’Est du pays.
Le témoin a rappelé qu’en 2022, dans la province du Nord-Kivu, le Rwanda aurait adressé un ultimatum à six officiers généraux congolais, les sommant de se retirer immédiatement des opérations militaires sous peine d’exécution.
Parmi eux figuraient le lieutenant-général Constant Ndima, le général-major Peter Cirimwami, le général-major Sylvain Ekenge, le général de brigade Tshinkobo Mulamba Ghislain, le général de brigade John Chinyabuguma et le général Philémon Yav.
Ce témoignage remet en cause la thèse de la collusion avancée par le ministère public et pourrait influencer l’appréciation des juges dans ce dossier sensible, marqué par des enjeux sécuritaires majeurs dans l’Est de la République démocratique du Congo.
