Kinshasa, 20 février 2026- En 2025, les exportations d’or de l’Ouganda ont connu une hausse spectaculaire de 47 %, une performance vantée par les autorités économiques du pays. Ce boom reflète une demande mondiale soutenue pour le métal précieux, mais soulève aussi des interrogations sur l’origine réelle de cet or, notamment sur sa traçabilité et sa conformité aux normes internationales.
L’Ouganda ne possède pas de grandes mines d’or comparables à celles de ses voisins comme la Tanzanie ou la République démocratique du Congo (RDC).
Pourtant, ses chiffres d’exportation surprennent les observateurs internationaux. Une grande partie de cet or est acheminée vers des raffineries ou des points de vente ougandais sans documentation claire sur son origine géographique.
Les organisations de surveillance des chaînes d’approvisionnement minier estiment que le manque de systèmes fiables de traçabilité favorise l’entrée sur le marché légal de minerais provenant de zones non contrôlées, sans vérification indépendante.
L’Est de la RDC, riche en ressources naturelles, est également une région marquée par une présence persistante de groupes armés non étatiques. Selon plusieurs sources, certains acteurs économiques exportant ou négociant de l’or pourraient s’approvisionner, directement ou indirectement, dans des zones contrôlées par ces groupes.
Des acteurs comme l’Alliance des Forces Combattantes, Alliance Fleuve Congo (AFC-AFC) et le M23 / ARC (Mouvement du 23 mars / Armée Rwando-Congolaise) sont souvent mentionnés.
Ces groupes sont décrits dans des rapports internationaux comme des acteurs qui tirent profit de l’exploitation et de la circulation de ressources minières, contribuant à l’instabilité locale et servant parfois de supplétifs ou partenaires implicites de forces régionales. La présence de minerais dont l’origine n’est pas clairement documentée a plusieurs conséquences.
Elle expose l’Ouganda à des risques économiques si les marchés internationaux exigent davantage de traçabilité, met en danger les communautés locales dont les ressources sont exploitées illégalement, et exerce une pression internationale pour la transparence des chaînes d’approvisionnement.
Face à ces défis, plusieurs pistes sont évoquées par les experts : renforcer les mécanismes de traçabilité des minerais avec des certifications indépendantes, développer une coopération régionale pour cartographier les zones d’extraction et identifier les acteurs économiques impliqués, et soutenir des initiatives internationales imposant des standards de due diligence stricts dans le commerce des ressources naturelles.
