Kinshasa, 2 mars 2026- Les rebelles de l’AFC/M23 ont procédé à la fermeture des églises « Lumière du Monde Cité de Refuge » dans plusieurs zones sous leur contrôle, provoquant l’indignation et l’incompréhension des fidèles qui dénoncent une décision ciblée contre leur communauté.
Dans les territoires occupés par la coalition M23-RDF-AFC, les membres de cette église pentecôtiste, dirigée par le prophète Mulindwa Jules, affirment que leurs lieux de culte sont restés fermés depuis une semaine. Pour eux, cette mesure ne serait pas anodine. Ils estiment qu’elle serait liée à la doctrine de l’église, notamment son attachement au passage biblique de l’Épître aux Romains 13, qui exhorte les croyants à prier pour les autorités légalement établies.
Selon plusieurs responsables de la communauté, cette position théologique, centrée sur le respect des institutions reconnues, aurait été perçue comme un positionnement en faveur du pouvoir officiel.
Une interprétation qui, d’après les fidèles, pourrait expliquer la décision prise par le mouvement rebelle.
Sur les réseaux sociaux, certaines prédications du prophète, à tonalité patriotique et appelant à l’unité nationale, ont également suscité des débats.
Des observateurs estiment que la fermeture des églises va au-delà d’un simple différend doctrinal et traduit une volonté de contrôle accru de l’espace religieux dans les zones sous administration rebelle.
Avec près de 500 000 fidèles revendiqués dans les territoires concernés, l’Église « Lumière du Monde Cité de Refuge » joue un rôle social et spirituel important.
La suspension de ses activités prive ainsi de nombreuses familles d’un cadre d’encadrement moral, d’assistance spirituelle et parfois même d’entraide communautaire.
Au-delà de la controverse religieuse, cette décision soulève des interrogations majeures sur la liberté de culte dans les zones contrôlées par l’AFC/M23.
Pour plusieurs croyants, empêcher des rassemblements religieux revient à franchir une ligne sensible. « On ne combat plus seulement des institutions, on touche désormais à la foi », confie un fidèle, estimant que la mesure s’apparente à une confrontation directe avec les convictions spirituelles de la population.
À ce stade, l’AFC/M23 n’a pas officiellement communiqué sur les raisons précises de cette fermeture.
En attendant, la tension reste vive parmi les fidèles, qui espèrent une réouverture rapide de leurs lieux de prière et dénoncent ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave à leur liberté religieuse.
