Lubumbashi, 3 mars 2026- L’Institut de recherche en droits humains (IRDH) a exprimé son soutien aux sanctions imposées par le Département du Trésor des États-Unis contre les Rwanda Defence Force (RDF) et plusieurs de leurs hauts responsables, accusés de soutenir le Mouvement du 23 mars (M23) dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans un communiqué publié à ce mardi à Lubumbashi, l’organisation de défense des droits humains salue une décision qu’elle considère comme un pas important vers la responsabilisation des acteurs impliqués dans la crise sécuritaire persistante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
L’IRDH affirme que le soutien opérationnel présumé du Rwanda au M23 et à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) constitue, selon elle, une violation manifeste des droits humains, du droit international humanitaire ainsi que des engagements pris dans le cadre des Accords de Washington signés en juin 2025.
L’organisation rappelle notamment la prise de la ville stratégique d’Uvira en décembre 2025, qu’elle considère comme un tournant aggravant la crise humanitaire, déjà marquée par des milliers de morts et des millions de déplacés internes.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, l’IRDH met en avant la dimension économique du conflit. S’appuyant sur des données publiques et des rapports d’experts onusiens, elle estime que l’exploitation illégale des minerais congolais alimente la guerre. L’organisation évoque une hausse significative des exportations rwandaises de coltan, de cassitérite et de wolframite entre 2022 et 2025, ainsi qu’une augmentation record des revenus miniers du Rwanda.
Elle soutient qu’une part importante du coltan exporté par Kigali serait d’origine congolaise, notamment en provenance de zones sous contrôle du M23.
Dans ce contexte, l’IRDH appelle au respect du devoir de diligence raisonnable préconisé par l’OCDE et à une responsabilité accrue des multinationales actives dans la chaîne d’approvisionnement des composants électroniques.
L’organisation cite en particulier Apple, Tesla et Samsung, les exhortant à auditer rigoureusement leurs fournisseurs afin de garantir un approvisionnement éthique et exempt de minerais issus de zones de conflit.
Face aux allégations d’exécutions sommaires, de recrutement d’enfants soldats et de violences sexuelles systématiques, l’IRDH formule plusieurs recommandations.
Elle plaide pour un accès humanitaire immédiat à l’eau, à la nourriture et à la protection pour les déplacés internes, le retrait total des troupes et équipements des RDF du territoire congolais, ainsi que l’ouverture d’enquêtes pénales internationales visant les officiers rwandais et les dirigeants de l’AFC-M23 susceptibles d’être impliqués dans des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Enfin, l’organisation appelle au renforcement des mécanismes de contrôle sur les circuits de raffinage et de transit des minerais stratégiques afin d’assécher les sources de financement des groupes armés. Pour l’IRDH, seule une application rigoureuse des sanctions et une véritable redevabilité judiciaire permettront de restaurer durablement la stabilité régionale et le respect de l’intégrité territoriale de la RDC.
