Kinshasa, 5 mars 2026- L’administrateur militaire du territoire de Mahagi, dans la province de l’Ituri, a décidé de renforcer le contrôle aux frontières en interdisant toute entrée de militaires ougandais sans autorisation préalable de la hiérarchie militaire.
Dans une correspondance officielle datée du 4 mars 2026, le colonel Disanoa Lalua Jacques a ordonné aux services de sécurité et de migration opérant dans la zone de ne pas laisser entrer les éléments de l’Uganda People’s Defence Force (UPDF), ni leurs équipements militaires, sur le territoire de Mahagi sans autorisation formelle.
La mesure concerne particulièrement les postes frontaliers d’Anzida et de Karombo, identifiés comme des points sensibles de passage entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Les responsables locaux ont été instruits de veiller strictement à l’application de cette décision.
La note administrative a été adressée notamment aux chefs de postes de la Direction générale de migration (DGM), de l’Agence nationale de renseignements (ANR), de la Direction des services de frontières (DSF), ainsi qu’au commandant de l’escadron de la Police des frontières. Tous ces services sont appelés à appliquer rigoureusement cette instruction.
Selon le document, cette décision a été prise sur ordre du gouverneur militaire de la province de l’Ituri, basé à Bunia, dans un contexte sécuritaire jugé préoccupant dans la région.
Cette mesure intervient alors que plusieurs analystes et observateurs de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC alertent sur des risques de résurgence de nouveaux mouvements rebelles soutenus de l’extérieur, à l’image de la rébellion du M23, accusée d’avoir bénéficié de l’appui de l’armée rwandaise.
Dans ce climat de méfiance et de tensions régionales, les autorités locales semblent vouloir renforcer la surveillance aux frontières afin de prévenir toute infiltration armée susceptible de déstabiliser davantage la province de l’Ituri, déjà marquée par la présence de nombreux groupes armés.
