Kinshasa, 6 mars 2026- Deux personnes ont perdu la vie et plusieurs autres ont été blessées lors d’affrontements violents entre des creuseurs clandestins et des militaires agissant illégalement dans la cité minière de Kakanda, dans la province du Haut-Katanga, dans la nuit du 4 au 5 mars.
Selon les témoignages recueillis sur place, des militaires auraient érigé une barrière illégale et intercepté un camion transportant des minerais pillés de la concession minière de la société Boss Mining. Cette situation aurait rapidement provoqué la colère des creuseurs clandestins.

Les creuseurs, estimant que leurs minerais leur avaient été confisqués, se sont attaqués aux militaires pour tenter de les récupérer après avoir constaté que ces derniers voulaient s’en approprier. Les militaires ont alors ouvert le feu, provoquant une escalade de violences.
Le bilan provisoire fait état de deux morts, dont une femme et un homme, ainsi que plusieurs blessés.
Au cours de ces incidents, deux camions chargés de minerais ont été incendiés. Des actes de vandalisme ont également été signalés dans la cité de Kakanda, notamment le pillage des bureaux de la police, de certains bâtiments administratifs ainsi que de marchés.
Face à cette situation, l’organisation de promotion et de protection des droits de l’homme Justitia Asbl qui assure la facilitation du groupe de travail des Principes volontaires sur la sécurité et les droits de l’homme dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba, condamne fermement ces violences.
L’organisation s’inquiète de la multiplication des incidents liés au trafic et à l’exploitation illégale des minerais dans cette zone minière stratégique. Elle s’interroge notamment sur le nombre de victimes qu’il faudra encore enregistrer avant que des mesures fortes ne soient prises pour mettre fin à ces pratiques.

Justitia ASBL appelle ainsi le gouvernement à mettre un terme à l’occupation illégale de certains sites miniers, à renforcer la sécurité des populations locales et à garantir aux opérateurs miniers victimes de vols récurrents de minerais, dont la société Boss Mining, la possibilité d’exercer leurs activités dans un cadre légal et sécurisé.
Pour l’organisation, ces violences illustrent une fois de plus les conséquences graves de l’exploitation clandestine des ressources minières, qui expose régulièrement les populations civiles à des affrontements entre creuseurs illégaux et militaires armés opérant en dehors du cadre légal.
