Kinshasa, 9 mars 2026- Le débat autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo continue d’alimenter les prises de position au sein de la classe politique. Lors d’un meeting populaire organisé samedi à Kasangulu, dans la province du Kongo-Central, le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, s’est exprimé ouvertement sur la question.
Président du parti Autre Vision du Congo (AVC) et autorité morale du regroupement politique AVC-A, il a plaidé en faveur d’une réforme de la Constitution, estimant que le débat mérite d’être posé au regard de l’avenir politique du pays.
S’exprimant devant la population en lingala, l’une des quatre langues nationales, le membre du gouvernement s’est interrogé sur l’alternative à une éventuelle fin du mandat du chef de l’État. « Si le président Félix Tshisekedi doit laisser le pouvoir, pour le donner à qui… et pour que celui à qui on le donne en fasse quoi ? », a-t-il lancé au cours de son intervention.
Dans la foulée, Didier Budimbu a estimé que la République démocratique du Congo pourrait se diriger « tout droit vers un troisième mandat » pour le président Félix Tshisekedi. Il a toutefois précisé que cette perspective ne relèverait pas d’une volonté personnelle du chef de l’État.
Selon lui, une telle éventualité dépendrait avant tout de la volonté populaire. « Si le peuple le décide ainsi, personne ne pourra s’y opposer », a-t-il affirmé, soulignant que la décision finale devrait revenir à la population congolaise.
Pour rappel, le débat sur la révision constitutionnelle continue de diviser la classe politique congolaise. Contrairement à la position exprimée par Didier Budimbu, le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, s’était récemment opposé à l’idée de modifier la Constitution.
Lors d’une conférence de presse, il avait estimé que le texte fondamental n’est pas en soi un obstacle au développement du pays, soutenant plutôt que ce sont les hommes chargés de l’appliquer qui doivent agir efficacement pour répondre aux attentes de la population. Une position qui lui a valu une motion de défiance.
