Kinshasa, 26 mars 2026- Depuis la prise de la ville de Goma fin 2025 par la rébellion du M23/AFC, la situation des journalistes s’est fortement dégradée dans l’est de la République démocratique du Congo.
Dans un rapport présenté à Kinshasa, Reporters sans frontières (RSF) souligne qu’au moins huit journalistes ont été détenus pendant plusieurs jours, soit par les rebelles du M23/AFC, soit par les services de renseignements militaires des FARDC.
Selon RSF, ces arrestations et détentions illustrent la pression constante exercée sur les professionnels des médias dans les zones affectées par le conflit armé. Les journalistes sont régulièrement accusés de collaboration avec l’un ou l’autre camp, ce qui les expose à des intimidations, des arrestations arbitraires et des menaces directes.
Certains témoignages recueillis par l’organisation sont particulièrement alarmants. Un journaliste a confié que des menaces ont été écrites directement sur l’enclos de sa parcelle, avec le message : « sale traître, on va vous tuer ». D’autres expliquent que même leurs sources sécuritaires se méfient désormais d’eux, rendant leur travail d’information extrêmement difficile.
RSF indique que ce climat de suspicion généralisée met en danger la liberté de la presse et compromet l’accès à une information fiable dans les zones sous tension. Les journalistes se retrouvent pris entre les différentes forces en présence, chacun les accusant de soutenir le camp adverse.
L’organisation appelle les autorités congolaises et les groupes armés à garantir la protection des journalistes et à respecter la liberté de la presse, conformément aux engagements internationaux de la RDC. Elle insiste également sur la nécessité de mettre fin aux arrestations arbitraires et aux intimidations contre les professionnels des médias.
Dans un contexte de guerre et d’instabilité sécuritaire persistante dans l’est du pays, RSF rappelle que les journalistes jouent un rôle essentiel dans l’information des populations et la documentation des violations des droits humains. Leur sécurité reste donc une priorité pour préserver la liberté d’expression et la transparence dans les zones de conflit.
