Kinshasa, 12 avril 2026- La Police nationale congolaise a lancé, samedi 11 avril, une opération de lutte contre l’insalubrité dans plusieurs communes de Kinshasa. Présentée comme une initiative de proximité visant à améliorer le cadre de vie, cette démarche intervient cependant dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans la capitale congolaise.
Menée sur instruction du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, l’opération s’inscrit dans le cadre des travaux d’intérêt général. Sur le terrain, des éléments de la police ont été déployés notamment à Kintambo Magasin et au rond-point Ngaba, où ils ont combiné actions de nettoyage et campagnes de sensibilisation auprès des habitants.

Si les autorités mettent en avant la nécessité de promouvoir l’hygiène et les valeurs civiques, cette mobilisation soulève des interrogations au sein de l’opinion. Pour de nombreux observateurs, la priorité devrait rester le renforcement de la sécurité des personnes et des biens, alors que plusieurs quartiers de la capitale continuent de faire face à des actes de criminalité.
Dans ce contexte, l’implication directe de la Police nationale congolaise dans des activités d’assainissement est perçue par certains comme un élargissement discutable de ses missions. D’autres y voient néanmoins une tentative de rapprocher la police de la population et de restaurer une image parfois écornée.

Lors du lancement de l’opération, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango a appelé les policiers à faire preuve d’exemplarité, insistant sur leur rôle dans la promotion du civisme. Un message qui s’inscrit dans une volonté de réforme, mais qui peine à dissiper les préoccupations liées à l’efficacité de la réponse sécuritaire.
Entre urgence sécuritaire et impératif d’assainissement, la capitale congolaise semble ainsi confrontée à un dilemme de priorités. Pour de nombreux Kinois, la question demeure : la police peut-elle efficacement assumer ces deux fronts à la fois ?
