Kinshasa, 13 avril 2026- La publication de la liste des participants aux négociations de Genève met en lumière une architecture diplomatique soigneusement structurée du côté de l’AFC/M23.
Parmi les six délégués principaux figurent Benjamin Mbonimpa, René Abandi, Jean-Paul Shaka, Jean-Pierre Alumba Omokoko, Donat Muganza et Fred Kagorora. Ces noms constituent le noyau politique chargé de représenter le mouvement dans les discussions avec Kinshasa.
À leurs côtés, une équipe de six experts est annoncée pour appuyer techniquement les échanges. On y retrouve Justine Mbabazi Rukeba (titulaire d’un passeport canadien), Cédric Fiema Pundu Yange (passeport suisse), Chantal Murekatete Kayitaba, Claude Ibalanky Ekolomba, Franck Mwe Di Malila Apenela (résidant en Europe) et Jean Félix Mupande Kapwa, présenté comme résident aux États-Unis.
La présence de profils issus de la diaspora, ainsi que d’anciens cadres ayant occupé des fonctions dans les institutions congolaises, confirme une stratégie de diversification des compétences mobilisées par l’AFC/M23 dans ce processus.
Le nom de Claude Ibalanky Ekolomba retient particulièrement l’attention.
Ancien coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et ex-envoyé spécial du président Félix Tshisekedi, sa présence dans une structure associée au mouvement rebelle illustre la complexité des recompositions politiques en cours.
Cette configuration n’est pas sans rappeler les précédentes phases des négociations.
Lors du premier cycle des discussions, déjà à Genève, plusieurs observateurs avaient relevé la volonté de l’AFC/M23 d’élargir sa base de représentation en intégrant des profils techniques et politiques issus de divers horizons, afin de renforcer sa crédibilité dans les échanges internationaux.
Dans le contexte actuel, cette stratégie semble se poursuivre et même s’intensifier, avec une mise en avant d’experts internationaux ou binationaux, censés apporter une expertise technique aux débats.
Cependant, cette mise en scène diplomatique intervient dans un climat toujours marqué par de fortes tensions et par des accusations récurrentes concernant les soutiens extérieurs du mouvement, notamment du Rwanda, ainsi que sur la nature réelle de sa transformation politique.
Au-delà des noms et des listes, les négociations de Genève apparaissent ainsi comme un double théâtre : celui des discussions politiques officielles, mais aussi celui d’une bataille d’image et de légitimité autour de la représentation même du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo.
