Kinshasa, 23 avril 2026- La tension monte au sein de Assemblée nationale de la République démocratique du Congo. La conférence des présidents a décidé de programmer pour le lundi 27 avril l’examen en plénière de la motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani Lukoo.
À en croire un membre du bureau de la chambre basse, cette décision intervient malgré de nombreux blocages internes : « Même s’il y a beaucoup de blocages, nous avons voulu que la plénière se prononce », a-t-il confié.
Déposée le 13 avril par le député Laddy Yangotikala, élu de Kisangani dans la province de la Tshopo et membre de l’Union sacrée de la nation, la motion accuse le ministre d’une gestion jugée défaillante face à l’insécurité persistante.
Elle évoque également une entrave au contrôle parlementaire, une atteinte au principe de séparation des pouvoirs et des abus d’autorité à des fins partisanes.
Mais le processus est loin d’être apaisé. Selon plusieurs sources parlementaires, la procédure a été marquée par des tensions et des pressions politiques.
Certains signataires auraient été contraints de se rétracter sous l’influence de leurs partis. Un élu a même officiellement retiré sa signature auprès du bureau.
Par ailleurs, l’affaire a pris une tournure judiciaire. Une plainte pour faux en écriture a été déposée au parquet général près la Cour de cassation contre l’initiateur de la motion. En cause : des accusations selon lesquelles certaines signatures auraient été apposées sans le consentement des députés concernés.
Du côté du camp Shabani, la riposte est politique. Des proches du vice-Premier ministre dénoncent des manœuvres orchestrées par des figures influentes au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), principal parti de la majorité présidentielle.
Ce passage en plénière s’annonce donc décisif.
Il permettra non seulement de clarifier les accusations portées contre le ministre, mais aussi de mesurer les équilibres politiques au sein de la majorité parlementaire, dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant en RDC.
