Kinshasa, 20 mai 2026 – Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lancé une nouvelle alerte sur l’ampleur réelle de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, estimant que la situation pourrait être « bien plus vaste » que les données officiellement communiquées jusque-là par les autorités congolaises.
Selon les chiffres présentés par l’OMS, la RDC compte désormais 82 cas confirmés et sept décès officiellement liés au virus Ebola, tandis qu’environ 750 cas suspects ont déjà été signalés sur le terrain, avec 177 décès suspects recensés.
Ces données contrastent avec les précédents bilans communiqués par les autorités sanitaires congolaises. Lors d’un briefing spécial organisé à Kinshasa, le ministre de la Santé Roger Kamba avait évoqué 513 cas suspects et 131 décès suspects, tout en précisant que toutes les victimes recensées n’étaient pas nécessairement mortes d’Ebola.
L’écart entre les chiffres avancés par l’OMS et ceux du gouvernement congolais laisse apparaître des divergences importantes sur l’évaluation réelle de la propagation du virus dans les zones affectées.
L’OMS souligne notamment que les capacités de surveillance et de confirmation des cas restent compliquées par le contexte sécuritaire particulièrement instable dans la province de l’Ituri, considérée comme l’épicentre actuel de la flambée épidémique.
Selon l’organisation internationale, l’insécurité persistante et les violences armées dans certaines zones compliquent considérablement les opérations de dépistage, de suivi des contacts et de prise en charge des malades.
Depuis la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC, plusieurs foyers ont été identifiés, notamment à Mongbwalu, Rwampara, Bunia et Nyankunde en Ituri, avant une extension signalée vers Butembo-Katwa et Goma au Nord-Kivu.
L’OMS estime que l’ampleur réelle de l’épidémie d’Ebola en RDC pourrait être largement sous-évaluée par rapport aux chiffres officiellement communiqués jusqu’ici.
L’organisation évoque déjà près de 750 cas suspects et 177 décès suspects dans un contexte marqué par l’insécurité persistante en Ituri, principal foyer de la flambée épidémique.
L’OMS a également évoqué la situation en Ouganda, où deux cas confirmés et un décès ont été enregistrés jusqu’à présent, sans nouvelle contamination officiellement rapportée par les autorités sanitaires ougandaises.
