Kinshasa, 5 juin 2026-Un témoignage rendu public à Kinshasa remet sur la place publique de graves accusations visant Moïse Nyarugabo, ancien député national ayant par la suite rejoint l’AFC-M23-RDF. Les faits rapportés proviennent d’un jeune Congolais de la communauté banyamulenge identifié sous le nom de Gallas, qui affirme avoir été détenu pendant près de dix mois dans une résidence appartenant à l’ancien élu.
Dans une interview réalisée par le journaliste Daniel Michombero, le jeune homme raconte avoir été accueilli au domicile de Moïse Nyarugabo entre juin 2021 et avril 2022 dans le cadre d’une promesse d’assistance liée à l’obtention d’un passeport. Selon son récit, une condition lui aurait été imposée dès son arrivée : ne pas quitter l’enceinte de la propriété.
« Il m’a dit de ne jamais sortir de la clôture. J’ai accepté en pensant que cela durerait une semaine », déclare-t-il dans son témoignage.
Gallas affirme que cette situation se serait prolongée pendant plusieurs mois, sans possibilité de quitter les lieux. Il décrit une détérioration progressive de son état physique et mental durant cette période.
Selon ses déclarations, son poids serait passé de 82 à 52 kilogrammes. Il évoque également des douleurs persistantes au niveau des côtes et du dos, des difficultés à se déplacer ainsi qu’un état d’épuisement général.
« Je passais toute la journée au lit. J’avais l’impression que mes côtes étaient abîmées. Le moindre mouvement me faisait souffrir », affirme-t-il.
Le jeune homme rapporte par ailleurs avoir vécu dans un isolement quasi total, marqué par l’interdiction de sortir et une profonde détresse psychologique. Il soutient que cet enfermement prolongé aurait eu de lourdes conséquences sur sa santé mentale.
Ces révélations interviennent dans un contexte particulièrement sensible au sein de la communauté banyamulenge, où plusieurs voix dénoncent régulièrement des tensions internes et des divergences d’ordre politique.
À ce stade, les accusations formulées par Gallas n’ont pas fait l’objet d’une décision judiciaire connue et aucune réaction officielle de Moïse Nyarugabo ou de son entourage n’a été rendue publique. Les faits relatés dans ce témoignage reposent exclusivement sur les déclarations de l’intéressé et restent à établir par les autorités compétentes.
