Kinshasa, 16 septembre 2026 — Un échange consacré aux enjeux du dialogue national convoqué par le président de la République, Félix Tshisekedi réunit ce mercredi, au Centre interdiocésain de Kinshasa, trois personnalités représentant des sensibilités politiques différentes : Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, Martin Fayulu, figure de l’opposition, et Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre et actrice politique.
La rencontre est organisée dans le cadre d’un panel de réflexion porté par la Commission épiscopale Justice et Paix de la CENCO. Les discussions portent notamment sur les enjeux, les perspectives et les conditions d’un dialogue national inclusif.
Le choix du Centre interdiocésain confère une portée particulière à cette rencontre. C’est dans ce cadre que les évêques catholiques avaient accompagné les négociations politiques de 2016, qui avaient abouti à l’Accord du 31 décembre 2016, communément appelé « Accord de la Saint-Sylvestre ».
À l’époque, la médiation de la CENCO avait réuni les principales composantes de la classe politique congolaise autour de la question de la transition et de l’organisation des élections.
Neuf ans plus tard, le même espace accueille un échange sur un nouveau projet de dialogue national, dans un contexte politique profondément différent.
Cette rencontre ne constitue pas, à ce stade, l’ouverture formelle du dialogue national annoncé par le chef de l’État. Elle intervient plutôt comme un espace de réflexion et de confrontation des points de vue sur le processus en cours.
Félix Tshisekedi avait annoncé son intention d’organiser un dialogue national inclusif, après des échanges avec les représentants des confessions religieuses. La présidence avait alors indiqué que cette initiative devait contribuer à la paix, à la cohésion nationale et à la stabilité des institutions.
Le gouvernement présente depuis lors le dialogue comme une démarche devant notamment aborder les questions de paix, de cohésion nationale et de refondation de l’État. Patrick Muyaya a également expliqué que le processus devait partir des provinces avant une phase finale à Kinshasa.
La présence simultanée de Patrick Muyaya et de Martin Fayulu donne à ce panel une dimension politique particulière. Le premier défend publiquement le principe du dialogue initié par le chef de l’État, tandis que Fayulu figure parmi les acteurs de l’opposition qui ont exprimé des réserves ou des positions critiques à l’égard du processus proposé.
La CENCO et l’Église du Christ au Congo (ECC) portent parallèlement leur propre démarche, baptisée « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble dans les Grands Lacs ». La place que ces confessions religieuses occuperont dans le dialogue initié par la présidence demeure l’un des enjeux du processus.
La rencontre de ce 16 septembre apparaît ainsi comme un moment de débat entre des acteurs aux positions différentes, dans un lieu déjà associé à une précédente séquence majeure de médiation politique en RDC.
Josué Kid
Politique
Dialogue national, Cenco, Fayulu, Muyaya
