Bunia, 16 septembre 2026- Le professeur Jean-Jacques Muyembe constate une nette amélioration dans la gestion de l’épidémie de maladie à virus Ebola en Ituri, après sa récente mission dans cette province. Le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) estime que les équipes de riposte commencent à mieux maîtriser les paramètres de l’épidémie.
« Nous commençons à maîtriser les paramètres de notre épidémie », a déclaré Jean-Jacques Muyembe, soulignant notamment une adhésion croissante de la population aux mesures de prévention.
Il a également évoqué le témoignage d’une personne rencontrée durant sa mission, qui lui a confié avoir perdu douze de ses proches à cause d’Ebola.
Selon le chercheur, les progrès enregistrés sont particulièrement visibles en Ituri, où la courbe de l’épidémie s’est inversée.
Dix zones de santé n’avaient notamment enregistré aucun nouveau cas depuis au moins 21 jours au 12 septembre, tandis qu’une baisse de la transmission était observée dans plusieurs foyers.
Mais cette évolution favorable ne concerne pas toutes les zones touchées. Au Nord-Kivu, la tendance demeure ascendante, avec une augmentation de l’incidence dans certaines zones de santé. « Les progrès sont remarquables mais ce n’est pas le moment de baisser les bras », insiste Muyembe.
Le directeur général de l’INRB appelle ainsi à maintenir la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts et la recherche active des cas.
Il estime que l’objectif reste d’atteindre zéro cas, malgré les signes de maîtrise observés dans certaines parties du pays.
« Nous espérons que la pente descendante de l’épidémie va vite atteindre jusqu’à zéro cas en Ituri, mais au Nord-Kivu, ça augmente, c’est la pente montante », a-t-il expliqué.
Au 13 septembre, la RDC comptait 7 258 cas confirmés et 3 510 décès liés à l’épidémie, selon les données reprises par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).
L’Ituri demeure la province la plus touchée, avec 5 659 cas, tandis que le Nord-Kivu en comptait 1 281.
Pour Muyembe, même si l’épidémie est désormais « sous contrôle » dans certaines zones, la riposte ne peut s’arrêter avant l’atteinte du cas zéro. Il entrevoit une issue favorable d’ici la fin de 2026, tout en appelant à maintenir la vigilance pour éviter une reprise de la transmission.
