Kinshasa, 23 septembre 2026 — Le ton monte encore d’un cran dans la crise qui secoue la région des Grands Lacs. Depuis New York, le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, a vivement mis en cause son homologue rwandais Paul Kagame, l’accusant de compromettre les efforts de paix autour de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Invité de France 24 en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le chef de l’État burundais a insisté sur la nécessité d’un désengagement concret des forces engagées sur le terrain.
Pour Évariste Ndayishimiye, l’absence de séparation effective des forces constitue un obstacle majeur à la mise en œuvre d’un véritable cessez-le-feu.
« Sans séparation des forces, comment parler de cessez-le-feu ? », a-t-il lancé.
Le président burundais estime ainsi que les engagements diplomatiques doivent être accompagnés d’actions concrètes sur le terrain, alors que les tensions restent vives dans l’est de la RDC.
Évariste Ndayishimiye a également adopté un ton particulièrement sévère à l’égard de Paul Kagame. Il a dénoncé ce qu’il présente comme un esprit hostile du pouvoir rwandais dans la région et a qualifié le président Kagame de malhonnête.
Selon le dirigeant burundais, les explications avancées par Kigali pour justifier sa position dans la crise congolaise ne refléteraient pas, à ses yeux, l’ensemble des motivations réelles du Rwanda.
Il évoque notamment l’existence supposée d’un agenda caché derrière les arguments sécuritaires avancés par Kigali.
Au-delà du dossier congolais, Ndayishimiye a également affirmé que la menace d’une éventuelle attaque rwandaise contre le Burundi existe encore.
Une déclaration particulièrement sensible dans une région déjà marquée par les tensions entre Kigali et Bujumbura, sur fond de crise persistante dans l’est de la RDC.
Ces déclarations interviennent alors que les efforts diplomatiques se poursuivent pour obtenir une désescalade dans l’est de la RDC et parvenir à un règlement politique de la crise.
La sortie du président burundais place une nouvelle fois le Rwanda au centre des critiques régionales et souligne les profondes divergences qui persistent entre les États des Grands Lacs sur les conditions nécessaires au retour durable de la paix.
