Bukavu, 24 septembre 2026- Le secteur du transport fait face à de vives inquiétudes à Bukavu, où plusieurs motocyclistes dénoncent des contrôles qu’ils jugent abusifs, des confiscations de motos et une multiplication des taxes.
Selon plusieurs témoignages recueillis auprès des acteurs du secteur, certains conducteurs auraient perdu leurs engins à la suite de contrôles, sans parvenir à obtenir leur restitution.
Les motocyclistes affirment être régulièrement confrontés à des opérations au cours desquelles leurs documents et leurs engins sont vérifiés. Dans certains cas, les motos seraient saisies et ne seraient plus rendues à leurs propriétaires.
Les conducteurs concernés déplorent également l’absence de mécanismes clairement identifiés pour introduire une réclamation ou contester une décision de confiscation.
Au-delà des motos, les transporteurs dénoncent plus largement le poids des taxes et prélèvements auxquels ils seraient soumis dans l’exercice de leur activité. Ils estiment que cette situation réduit considérablement leurs revenus et fragilise davantage un secteur déjà confronté aux difficultés économiques et sécuritaires.
Ces critiques touchent également certaines organisations censées défendre les intérêts des transporteurs. Des membres de la profession reprochent à plusieurs responsables associatifs d’être devenus moins actifs dans la dénonciation des abus depuis leur rapprochement avec les autorités de l’AFC/M23.
« Ceux qui étaient censés nous défendre ferment désormais les yeux sur les abus. Les taxes et le racket sont en train d’asphyxier le secteur du transport », témoigne un responsable associatif sous couvert d’anonymat.
Pour les transporteurs, la question dépasse désormais le simple problème des contrôles. Ils réclament davantage de transparence sur les taxes imposées, la clarification des procédures de saisie ainsi que la possibilité pour les personnes concernées de contester les décisions prises à leur encontre.
Ces témoignages traduisent le malaise grandissant d’une partie des acteurs du transport à Bukavu, qui souhaitent voir leurs conditions de travail mieux encadrées et leurs droits davantage pris en compte.
