Kinshasa, 26 septembre 2026- Le secrétaire général de l’UDPS/Tshisekedi, Augustin Kabuya, demande que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès de Manassé Lomboto Bomengola, militant de l’ADD Congo et membre de la C64, décédé après les violences survenues lors de la marche de l’opposition du 15 septembre à Kinshasa. Alors que la C64 affirme que son militant a été victime des violences liées à cette manifestation et réclame une enquête, Kabuya met en doute certains éléments de cette version et appelle à une confrontation des preuves devant la justice.
Cette prise de parole est intervenue ce samedi à la résidence du secrétaire général de l’UDPS, où il recevait des femmes de la fédération de Mont-Amba venues notamment le féliciter après la mobilisation organisée le 22 septembre en soutien aux institutions de la République.
Elle constitue l’une de ses premières interventions publiques depuis cette manifestation du camp présidentiel.
Revenant sur la mort de Manassé Lomboto, Augustin Kabuya a demandé qu’une autopsie soit réalisée afin de déterminer les causes exactes du décès. « Ils disent qu’on a tué leur militant. Mais ils disent qu’on a tué quelqu’un à Limete et comment le corps s’est-il retrouvé là où il est aujourd’hui à Asanef ? », s’est-il interrogé.
Le dirigeant de l’UDPS estime ainsi que les circonstances du décès doivent être établies sur la base d’éléments médicaux et judiciaires. « Que les autorités ne laissent pas ces gens enterrer le militant de C64, qu’on fasse l’autopsie pour qu’on sache la vraie cause du décès », a-t-il déclaré.
La question de la dépouille reste d’ailleurs au centre des procédures en cours. Selon des informations publiées ce samedi, le corps de Manassé Lomboto demeure retenu à la morgue de l’Hôpital universitaire du Cinquantenaire, sur réquisition du parquet, dans le cadre des investigations judiciaires.
Augustin Kabuya dit par ailleurs voir d’un bon œil la plainte annoncée par la C64. Pour lui, cette procédure doit permettre aux différentes parties de présenter leurs éléments devant la justice.
« J’ai appris qu’ils ont déposé une plainte. C’est une très bonne nouvelle. Qu’ils amènent en justice toutes les preuves et on va les confronter pour faire éclater la vérité », a-t-il affirmé.
Sur les violences ayant accompagné la marche du 15 septembre, le secrétaire général de l’UDPS rejette également certaines accusations formulées contre son camp et affirme que l’opposition avait recruté, selon ses termes, des « kulunas » pour s’en prendre aux biens des citoyens. Ces accusations s’inscrivent dans un débat contradictoire sur les responsabilités dans les violences enregistrées lors de cette mobilisation.
La C64, de son côté, avait réclamé une enquête indépendante après le décès de Manassé Lomboto, qu’elle attribue aux violences survenues pendant la manifestation.
Des responsables de la majorité ont également appelé à une investigation indépendante pour déterminer les causes des violences et identifier leurs éventuels auteurs.
Cette controverse intervient quelques jours après la marche organisée le 22 septembre par l’UDPS et ses alliés.
À Kinshasa, cette mobilisation avait notamment porté sur le soutien aux institutions de la République, au dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi et au processus référendaire.
Dans ce contexte, la procédure judiciaire autour du décès de Manassé Lomboto apparaît comme un élément central pour départager les différentes versions avancées depuis les événements du 15 septembre.
L’autopsie, les témoignages et les autres éléments recueillis dans le cadre de l’enquête pourraient notamment permettre d’établir les circonstances précises de sa mort et les éventuelles responsabilités.
