Lubumbashi, 26 septembre 2026- Le Cadre de concertation de la société civile, à travers l’Observatoire Gouvernance sécuritaire et Paix (GSP), dresse un bilan préoccupant de la situation sécuritaire dans le Grand Katanga au cours de la période du 20 au 26 septembre 2026.
Dans son bulletin hebdomadaire n°039/GSP/2026, la structure recense plusieurs homicides, des incidents impliquant des éléments des forces de sécurité, des affrontements entre groupes de jeunes ainsi que 19 cas de cambriolage par effraction à Lubumbashi.
Le document cite notamment l’assassinat de Vincent Mwana Mulenda, président de la Cour d’appel du Haut-Katanga, tué dans la nuit du 20 au 21 septembre à son domicile à Lubumbashi.
Ce décès avait conduit le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, à annoncer l’ouverture d’une enquête.
Lubumbashi, Likasi, Kipushi et plusieurs territoires du Haut-Katanga sont concernés par les incidents rapportés dans ce bulletin. À Likasi, un jeune homme aurait été tué par des hommes en tenue militaire dans le quartier Kakotwe 2, tandis qu’à Lubumbashi, un autre civil a été mortellement atteint par balle après avoir résisté à une tentative d’extorsion de son téléphone, selon le rapport de la société civile.
Le bulletin fait également état d’affrontements entre deux ailes des jeunes de l’UNAFEC à Kenya, ayant fait deux blessés, ainsi que de violences impliquant des jeunes groupes politiques à Likasi. Dans cette ville, des dégâts auraient notamment été enregistrés dans un établissement scolaire à la suite d’affrontements entre jeunes.
À Lwisha, dans le territoire de Kambove, la société civile rapporte deux morts et deux blessés par balle à la suite d’un incident impliquant un agent de la Police nationale congolaise qui poursuivait un creuseur.
Toujours selon le rapport, une balle aurait atteint une habitation et causé la mort d’une femme. À Mukana, dans le secteur situé entre Mitwaba et Kyubo, une incursion attribuée au mouvement rebelle MDKC aurait par ailleurs été repoussée par les FARDC.
À Lubumbashi, les incidents se sont poursuivis vendredi 25 septembre avec des tirs dans la commune Kenya après une altercation impliquant un membre de la JUNAFEC. Le bulletin indique qu’un blessé a été enregistré dans les rangs de ce groupe. À Kipushi, un incident impliquant deux militaires de l’Auditorat militaire est également rapporté : un adjudant-chef de sexe féminin aurait été blessé par balle avant que le tireur ne retourne l’arme contre lui.
Samedi 26 septembre, le bulletin signale enfin l’assassinat de Teddy, présenté comme administrateur du marché Kamasaka, tué à l’arme blanche par des inconnus.
Au-delà des faits enregistrés, l’Observatoire GSP identifie plusieurs zones considérées comme sensibles après 20 heures. À Likasi, il cite notamment Kamatanda, Kakontwe 2, Kisunka, Kolomoni, Kanona, Kaponona et le quartier Simba. À Lubumbashi, les secteurs de Kalebuka, Don Bosco, Kilobelobe, Congo, Bongonga, Lufira et Makomeno figurent parmi les zones signalées. Le rapport classe également certains secteurs de Kasumbalesa et l’axe Kyobo-Mitwaba parmi les zones nécessitant une vigilance accrue.
Sur le seul volet des cambriolages par effraction, 19 cas sont recensés à Lubumbashi durant la semaine : dix dans la commune Annexe, six dans la commune de Lubumbashi, deux à Kampemba et un à Katuba.
Le document identifie la commune Annexe et la commune de Lubumbashi comme les plus touchées par les vols et tueries, avec une concentration des faits notamment à Mukuntu, Kalubwe et Gambela.
Dans son analyse, la société civile parle d’une semaine particulièrement préoccupante pour l’État de droit et pointe notamment les violences impliquant des armes à feu.
Elle estime également que les affrontements entre certains groupes de jeunes à caractère politique, les extorsions et les dégradations pourraient favoriser une montée de la violence urbaine.
L’Observatoire GSP recommande notamment l’ouverture d’enquêtes sur les incidents impliquant des armes, le démantèlement des permanences de groupes de jeunes considérés comme violents ainsi que le renforcement des patrouilles de sécurité dans les zones identifiées comme criminogènes, particulièrement durant la nuit.
