Kinshasa, 27 septembre 2026- Le général-major Sylvain Ekenge a repris ses fonctions de porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Cette réintégration, suscite la réaction du Rwanda. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, qualifie cette décision de « troublante et indécente ».
Pour le chef de la diplomatie rwandaise, le retour de l’officier confirme, selon lui, que les discours visant les Congolais tutsi ne seraient pas le fait de quelques individus isolés, mais s’inscriraient dans un « projet politique assumé par l’État ».
Il reproche également à Kinshasa d’avoir annoncé cette réintégration de manière discrète, à travers un communiqué des FARDC consacré au crash aérien de Kenge.
Sylvain Ekenge avait été suspendu après des propos tenus le 27 décembre 2025 sur la RTNC concernant les Congolais qui épousent des femmes tutsi.
Il leur avait notamment reproché de faire venir des hommes tutsi au domicile conjugal pour, selon ses propos rapportés, « préserver leur race ».
Ces déclarations avaient provoqué un tollé et conduit à son retrait de la communication militaire. Près de neuf mois plus tard, sa signature apparaît de nouveau comme celle du porte-parole des FARDC, notamment dans le communiqué annonçant le décès de hauts responsables de la justice militaire dans le crash d’un avion à Kenge, dans la province du Kwango.
Olivier Nduhungirehe rapproche les propos de Sylvain Ekenge du premier des « Dix Commandements du Hutu », texte publié en 1990 par Hassan Ngeze, qui a été condamné par le Tribunal pénal international pour le Rwanda pour son rôle dans la propagande liée au génocide des Tutsi.
