Kinshasa, 5 octobre 2026- Le président du Forum national de la jeunesse (FNJ), Patrick Katengo Mafo, réagit vivement aux récentes déclarations d’Azarias Ruberwa faites aux États-Unis au sujet de la prétendue marginalisation des populations swahiliphones de la République démocratique du Congo.
Il dénonce une lecture qu’il juge communautaire de la crise dans l’Est du pays et met en garde contre toute tentative d’instrumentalisation identitaire.
Pour lui, les populations swahiliphones ne peuvent être présentées comme une communauté distincte de la nation congolaise, alors que le swahili figure parmi les langues nationales de la RDC.
« Les swahiliphones sont des Congolais à part entière. Le swahili est une langue nationale de la République démocratique du Congo. On ne peut donc pas utiliser la langue ou l’appartenance communautaire pour construire un récit selon lequel une partie de notre population serait persécutée par la République. La crise de l’Est est une question nationale qui doit être abordée avec responsabilité, sans chercher à opposer les Congolais entre eux », affirme Patrick Katengo Mafo.
Le président du FNJ s’attaque particulièrement à Azarias Ruberwa, qu’il qualifie de « relais politique de Kigali ». Il estime que le passé politique de l’ancien vice-président, notamment son rôle à la tête du RCD-Goma, mouvement soutenu par le Rwanda, doit être pris en compte dans l’appréciation de ses prises de position actuelles.
« Lorsqu’on parle aujourd’hui de paix et de défense des communautés, il faut aussi avoir le courage de regarder l’histoire. Le RCD-Goma a laissé derrière lui des épisodes graves dans l’Est du Congo. On ne peut pas effacer cette mémoire et demander aux Congolais de considérer certains discours comme neutres. La protection des communautés ne doit jamais devenir un moyen de faire passer un agenda politique ou militaire », soutient-il.
Il rappelle notamment les exactions documentées à Kisangani en 2002, alors que le RCD-Goma contrôlait la ville, estimant que les responsabilités liées aux violences commises contre les civils doivent rester au cœur du débat sur la paix et la justice.
Le responsable du FNJ refuse toutefois que la souffrance d’une communauté soit minimisée. Il insiste plutôt sur une protection équitable de toutes les populations civiles, indépendamment de leur appartenance communautaire.
« Banyamulenge, Nande, Hunde, Hutu, Tutsi, Tembo ou toute autre communauté congolaise, nous avons tous les mêmes droits. Les victimes des violences du M23 et celles des autres groupes armés doivent avoir le même droit à la justice. Nous ne pouvons pas choisir les victimes en fonction de leur communauté et choisir également les coupables en fonction de leur identité », martèle-t-il.
Pour Patrick Katengo Mafo, la sortie de crise dans l’Est ne peut donc pas passer par des discours susceptibles de diviser davantage les Congolais. Il appelle à privilégier la vérité sur les crimes commis, l’établissement des responsabilités et une justice applicable à tous.
