Kinshasa, 6 octobre 2026- Réagissant au cours actuel du franc congolais face au dollar américain, l’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Jean-Claude Masangu Mulongo, salue l’appréciation de la monnaie nationale et le travail réalisé par l’actuel gouverneur André Wameso, tout en estimant que la dédollarisation de l’économie congolaise prendra encore plusieurs années.
Intervenant mardi 6 octobre lors d’un Space live avec le journaliste Stanis Bujakera, Jean-Claude Masangu a rappelé qu’André Wameso avait pris les commandes de la BCC en 2025 dans un contexte marqué, selon lui, par une inflation comprise entre 17 et 20 %. Celle-ci aurait depuis été ramenée autour de 3,5 %.
Il relève également l’évolution du taux de change, passé, selon lui, d’environ 2 900 à quelque 2 300 francs congolais pour un dollar. Pour l’ancien gouverneur, la stabilité actuelle du franc congolais repose sur « de bonnes raisons » et sur « la bonne politique » monétaire.
Jean-Claude Masangu estime par ailleurs que les taux d’intérêt, aujourd’hui proches de 10 %, devraient encore baisser.
S’il juge souhaitable la dédollarisation de l’économie, il se montre toutefois prudent quant à sa réalisation à court terme. Il rappelle que les dépôts et les crédits bancaires restent majoritairement libellés en devises étrangères.
« Je lui souhaite beaucoup de chance. Ce n’est pas une chose facile », a-t-il déclaré à propos d’André Wameso.
Réagissant à l’interdiction annoncée des importations de dollars en cash à partir d’avril 2027, l’ancien gouverneur s’est interrogé sur les modalités de sa mise en œuvre : « Comment va-t-il s’y prendre ? C’est une bonne question pour lui. »
Pour Jean-Claude Masangu, la sortie de la dollarisation nécessitera avant tout de restaurer la confiance dans le franc congolais. Il estime, en se référant notamment aux expériences d’Israël, de la Pologne et de l’Argentine, qu’un tel processus peut prendre « 10 à 15 ans ».
Il recommande également à la Banque centrale d’examiner les flux financiers des entreprises minières, notamment l’utilisation des 60 % de recettes d’exportation qu’elles sont tenues de rapatrier, afin d’envisager leur orientation vers le franc congolais.
L’ancien gouverneur estime enfin que la RDC devra « certainement » envisager l’émission de coupures supérieures au billet de 20 000 francs congolais, tout en reconnaissant que cette décision reste difficile à prendre.
Économie
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Junior Kanyiki
