Kolwezi, 8 octobre 2026- Plusieurs policiers de la Police nationale congolaise (PNC) ont été arrêtés à Kolwezi, dans la province du Lualaba, après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant une mineure dénudée lors d’une intervention policière.
L’affaire remonte à la nuit du vendredi 2 octobre, dans le quartier ISTM. Des policiers en patrouille auraient interpellé un homme et une mineure qui se trouvaient à bord d’un véhicule. Selon les organisations de la société civile qui avaient dénoncé les faits, les agents auraient filmé la scène avant que les images ne soient diffusées sur les réseaux sociaux.
La vidéo, devenue virale, avait suscité une vive indignation à Kolwezi. L’ONG Eben-Ezer avait saisi le procureur de la République près le Tribunal de grande instance et le Tribunal pour enfants de Kolwezi, demandant l’ouverture de poursuites contre les personnes impliquées dans la production et la diffusion des images. Elle avait également recommandé une prise en charge psychosociale de la jeune fille.
Le Cadre de Concertations Provincial de la Société Civile du Lualaba avait, de son côté, demandé à l’Auditeur près le Tribunal militaire de garnison d’ouvrir une enquête afin d’identifier les policiers concernés et d’établir leurs responsabilités. L’organisation avait également appelé les autorités à assurer la protection et l’accompagnement de la mineure.
Des policiers transférés à la prison de Dilala
Cette affaire connaît désormais une nouvelle évolution. Le porte-parole de la PNC/Lualaba, le major Descartes Kalonji, a annoncé mercredi 7 octobre l’arrestation de plusieurs policiers présentés comme impliqués dans cette intervention.
Selon lui, les agents interpellés ont été directement transférés à la prison centrale de Dilala. D’autres policiers recherchés dans le cadre du dossier seraient toujours en fuite.
Le porte-parole de la PNC affirme que les agents avaient initialement procédé à l’interpellation d’un individu à bord d’un véhicule, avant de recourir à de « mauvais moyens » au cours de leur intervention.
Cette évolution intervient après plusieurs jours de réactions d’organisations de défense des droits humains et de protection de l’enfant, qui avaient dénoncé l’exposition publique de la mineure et demandé que les responsabilités soient établies.
Les assistants sociaux avaient notamment rappelé que la diffusion d’images montrant un enfant dans une situation intime ou humiliante constitue une nouvelle atteinte à sa dignité et peut prolonger son traumatisme, les images pouvant être copiées et rediffusées durablement sur internet.
