Kinshasa, 10 octobre 2026– Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a vivement réagi aux critiques de l’ancien président Joseph Kabila sur la gestion de la dette publique en République démocratique du Congo. Il défend la politique économique menée sous Félix-Antoine Tshisekedi et estime que le niveau actuel d’endettement du pays reste soutenable au regard des indicateurs économiques.
Pour Doudou Fwamba, la gestion de la dette ne consiste pas uniquement à en limiter le volume, mais aussi à mobiliser des ressources pour financer les infrastructures et les priorités gouvernementales, tout en préservant la stabilité financière du pays.
Le ministre souligne que le ratio d’endettement de la RDC demeure inférieur à 20 % du produit intérieur brut (PIB), alors que la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne se situerait autour de 60 %. Il juge donc infondées les critiques présentant la dette congolaise comme un fardeau, estimant qu’elles traduisent soit une méconnaissance des fondamentaux économiques, soit une volonté de confrontation politique.
Le ministre des Finances oppose ensuite les indicateurs économiques de 2019 à ceux de 2026. Selon les chiffres qu’il avance, le PIB nominal de la RDC serait passé d’environ 50 milliards de dollars en 2019 à 120 milliards en 2026. Les réserves de change seraient, quant à elles, passées de 1,3 milliard à 8 milliards de dollars, tandis que le budget de l’État serait passé de 4 à 18 milliards de dollars.
Doudou Fwamba évoque également la réduction du déficit du compte courant, l’accès aux marchés financiers internationaux et l’existence de trois programmes formels avec le Fonds monétaire international (FMI). Il estime que ces indicateurs témoignent d’une évolution significative de la situation économique du pays depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi.
Revenant sur l’héritage de Joseph Kabila, le ministre critique notamment la gouvernance économique de cette période. Il rappelle que la RDC ne disposait alors, selon lui, ni d’un programme formel avec le FMI ni d’un accès aux marchés internationaux de capitaux, évoquant également des problèmes de transparence dans la gestion des contrats miniers conclus avec les entreprises publiques.
Au-delà des indicateurs macroéconomiques, Doudou Fwamba défend le bilan social du pouvoir actuel. Il cite notamment la gratuité de l’enseignement primaire, la gratuité de la maternité, les mécanismes de couverture sanitaire en faveur de certaines catégories professionnelles ainsi que les investissements dans les infrastructures.
Le ministre affirme que les réalisations enregistrées depuis 2019 distinguent nettement les deux périodes de gouvernance. Il présente la RDC comme un pays engagé dans une transformation économique et sociale, avec une volonté de diversifier son économie et de renforcer sa crédibilité auprès des partenaires financiers internationaux.
Malgré cette confrontation politique autour du bilan économique, Doudou Fwamba appelle à l’unité nationale. Il invite les Congolais, y compris ceux qui contestent la politique du gouvernement, à participer au processus de dialogue national annoncé par les autorités.
Il exhorte également les groupes armés à déposer les armes et à privilégier une solution pacifique aux différends politiques, particulièrement dans l’Est du pays, où les violences continuent de coûter la vie à des civils.
