Kinshasa, 10 octobre 2026 – Jean-Pierre Bemba a vivement réagi au discours de l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila. Dans une déclaration au ton particulièrement virulent, le responsable politique conteste la légitimité de l’ancien chef de l’État, l’accuse d’avoir contribué à l’instabilité du pays et défend le bilan de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
« Hippolyte Kanambe Kazemberembe, alias Joseph Kabila, votre allocution ne trompe personne », lance Jean-Pierre Bemba en ouverture de sa réaction, dont le contenu a été relayé sur les réseaux sociaux.
L’ancien vice-président de la République reproche à Joseph Kabila de vouloir donner des leçons de gouvernance aux Congolais, alors que ses dix-huit années au pouvoir restent, selon lui, marquées par des violences, des massacres, le pillage des ressources nationales et l’impunité. Il remet également en cause les conditions de son accession au pouvoir, évoquant les élections de 2006 et de 2011.
Dans sa déclaration, Jean-Pierre Bemba formule de graves accusations contre l’ancien président concernant les relations entre Kinshasa et Kigali. Il affirme que Joseph Kabila aurait laissé des personnes liées au Rwanda occuper des postes importants au sein des institutions congolaises, contribuant ainsi, selon lui, à maintenir le pays sous influence étrangère.
Il l’accuse également d’avoir soutenu et financé des mouvements armés, notamment le M23 et l’AFDL, et lui reproche de ne pas avoir suffisamment condamné les agressions contre la RDC durant sa présidence.
Ces accusations, formulées par Jean-Pierre Bemba, s’inscrivent dans une confrontation politique autour des responsabilités dans les conflits qui ont marqué l’histoire récente du pays.
L’ancien vice-président insiste également sur la préservation de l’unité nationale. Il dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation du tribalisme et des divisions communautaires, rappelant que la diversité culturelle et linguistique constitue une composante essentielle de l’identité congolaise.
« Le Congo ne sera jamais une province du Rwanda », affirme-t-il, avant de soutenir que la souveraineté nationale ne peut faire l’objet de négociations au profit de puissances étrangères.
Pour Jean-Pierre Bemba, la RDC doit préserver son intégrité territoriale et son indépendance politique face à toute tentative d’influence extérieure.
Dans la seconde partie de son message, Jean-Pierre Bemba oppose la gouvernance de Félix Tshisekedi à celle de son prédécesseur. Il met notamment en avant la gratuité de l’enseignement primaire, la gratuité de la maternité, l’augmentation du budget de l’État ainsi que la construction et la réhabilitation d’infrastructures universitaires, routières, aéroportuaires, portuaires et ferroviaires.
Ces réalisations sont présentées par Bemba comme des avancées de l’actuelle administration, qu’il estime avoir contribué à améliorer les conditions de vie de la population congolaise.
Jean-Pierre Bemba clôt sa déclaration par un hommage à plusieurs figures associées aux violences et aux controverses politiques en RDC, notamment Floribert Chebeya, Armand Tungulu, Luc Nkulula, Thérèse Déchade Kapangala et Rossy Mukendi Tshimanga.
Il évoque leur mémoire pour illustrer les souffrances subies par les Congolais au fil des années et appelle, implicitement, à ce que justice soit rendue aux victimes.
