Kinshasa, lundi 12 octobre 2026- Le secrétaire général adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) et ancien ministre, Ferdinand Kambere, a contesté la légalité dans la suspension des activités de sa formation politique et dénoncé ce qu’il considère comme des irrégularités dans la procédure ayant conduit à la condamnation à mort de l’ancien président Joseph Kabila.
Il s’est exprimé dimanche 11 octobre, lors de son passage sur B-One TV dans le Mag du dimanche présentée par la journaliste Mamina Masengo.
Sur la suspension du PPRD, Ferdinand Kambere s’appuie sur les dispositions légales encadrant l’organisation et le fonctionnement des partis politiques en République démocratique du Congo. Selon lui, aucune décision judiciaire n’a officiellement prononcé la suspension de sa formation politique, malgré les mesures administratives évoquées contre elle.
« Il n’y a aucune décision de justice qui suspende les activités de notre parti politique », a-t-il affirmé, remettant ainsi en question la portée juridique de la mesure visant le PPRD.
Selon lui, toute décision administrative de cette nature doit respecter une procédure prévue par la loi, notamment en ce qui concerne les délais impartis pour saisir les instances judiciaires compétentes.
« Dès qu’une autorité administrative ou politique prend une décision pareille contre un parti politique, il y a une loi d’organisation et de fonctionnement des partis politiques. Cette décision n’avait qu’une validité de 15 jours. Il fallait saisir le ministère public, qui pouvait ensuite demander le renouvellement de ce délai pour saisir le juge. Mais tout cela n’a jamais été fait », a-t-il expliqué.
Ferdinand Kambere estime ainsi que l’absence de décision judiciaire constitue un élément central dans la contestation de la mesure visant son parti.
Il accuse le pouvoir en place de maintenir une situation d’incertitude autour du PPRD, alors que, selon lui, les dispositions légales auraient dû être appliquées dans leur intégralité.
L’ancien ministre reconnaît néanmoins que les activités du parti se déroulent dans des conditions difficiles. Il dénonce un climat de pression et de menaces qui, selon lui, empêche les responsables et les militants de fonctionner normalement.
Il évoque notamment la fermeture du siège du PPRD situé au croisement des avenues Batetela et Pumbu, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa, qu’il considère comme une mesure prise sans décision judiciaire.
Malgré ces difficultés, Ferdinand Kambere affirme que les responsables du parti continuent de se réunir chaque semaine. Il présente cette démarche comme une forme de résistance politique face aux restrictions auxquelles sa formation est confrontée.
Condamnation à mort de Joseph Kabila : Ferdinand Kambere dénonce des irrégularités dans la procédure
Au cours de cette même émission, le secrétaire général adjoint du PPRD a également contesté la régularité de la procédure ayant conduit à la condamnation à mort de Joseph Kabila.
Il a notamment soulevé des interrogations sur le respect des dispositions constitutionnelles et légales applicables à l’ancien président de la République, qui bénéficie du statut de sénateur à vie.
« Ce sont des faits, mais des faits qui, malheureusement, pèsent aujourd’hui sur la conscience de ces régimes, sans que la procédure qui devait être suivie selon la Constitution et selon la loi ait été respectée », a déclaré Ferdinand Kambere.
Dans son argumentation, il a particulièrement insisté sur la question de la juridiction compétente et sur les procédures qui, selon lui, auraient dû être suivies avant d’engager des poursuites contre l’ancien chef de l’État. Il s’est également interrogé sur l’absence d’une procédure parlementaire préalable impliquant le Congrès.
« Lui, injusticiable devant la Cour constitutionnelle, après que le Congrès a siégé. Madame, vous n’avez jamais appris qu’un Congrès a siégé dans ce pays pour statuer par rapport à un réquisitoire qui serait venu du procureur général près la Cour de cassation, si on le poursuivait comme un soi-disant sénateur. Parce que, encore là, j’ai toujours dit : sénateur à vie, ce n’est pas un siège par mandat », a-t-il soutenu.
