Kinshasa, 14 octobre 2026- La Cour d’appel de Kinshasa/Gombe a rejeté, mardi, la demande de mainlevée de détention et de mise en liberté provisoire de Nathanaël Onokomba, invoquant la gravité des faits qui lui sont reprochés. Son avocat, Me Gabriel Issamba, conteste cette décision et dénonce des irrégularités dans la procédure, alors que le dossier de cet opposant congolais reste marqué par des contestations sur la légalité de son maintien en détention.
La défense rappelle que Nathanaël Onokomba avait déjà bénéficié d’une décision favorable du Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe concernant l’accusation d’apologie du terrorisme.
Le 26 juin 2026, cette juridiction s’était déclarée incompétente pour le juger, après avoir estimé, selon les explications de son avocat, que cette infraction n’était pas établie en droit. Le dossier portait également sur des faits liés à la négation des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre attribués aux rebelles de l’AFC/M23 dans l’est de la République démocratique du Congo.
Malgré cette décision, Nathanaël Onokomba n’a pas recouvré sa liberté. La procédure s’est poursuivie devant les juridictions civiles, tandis que ses avocats continuaient de réclamer sa libération.
En août 2026, le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe avait examiné une première demande de mise en liberté provisoire, la défense invoquant notamment l’absence d’un titre de détention régulier après le dessaisissement de la juridiction militaire.
Cette fois encore, Me Gabriel Issamba dénonce des irrégularités qu’il estime déterminantes.
Selon lui, le parquet n’a établi ni mandat d’arrêt provisoire ni procès-verbal de saisie du prévenu. Il affirme également que son client n’a jamais été présenté en chambre du conseil depuis juillet 2026 pour permettre la régularisation de sa détention.
L’avocat regrette que ces griefs n’aient été retenus ni par les juges du Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe ni par ceux de la Cour d’appel. La juridiction d’appel a, de son côté, motivé le rejet de la demande par la gravité des faits reprochés au prévenu.
Arrêté en décembre 2025 après une conférence organisée dans la commune de Ngaliema, Nathanaël Onokomba avait d’abord été détenu par le Conseil national de cyberdéfense, avant d’être transféré à la prison militaire de Ndolo en janvier 2026, puis à la prison centrale de Makala à la fin du mois de juillet.
La prochaine audience est fixée au vendredi 16 octobre 2026 à la prison centrale de Makala, où le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe doit poursuivre l’instruction du dossier.
La défense affirme continuer à « croire à une justice équitable et impartiale », malgré le nouveau rejet de sa demande de mise en liberté.
