Lubumbashi, 4 novembre 2026- Après la catastrophe environnementale provoquée par l’entreprise Congo Dongfang International Mining (CDM) dans les quartiers Kasapa, Kamatete et Kamisepe, les populations affectées attendent toujours des réparations concrètes.
Au centre des critiques, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, qui avait ordonné la suspension des activités de l’entreprise avant de permettre leur reprise, alors que plusieurs engagements envers les communautés restent, selon les organisations de la société civile, inexécutés.
Le 6 novembre 2025, au lendemain du déversement de plus de 2,5 millions de mètres cubes d’eaux usées chargées en métaux lourds, Louis Watum avait suspendu temporairement les activités minières de CDM. Une décision qui avait laissé espérer une réponse ferme face à l’ampleur des dégâts environnementaux et aux risques sanitaires encourus par les habitants.
Le 17 janvier 2026, le ministre avait également exigé de l’entreprise six millions de dollars américains au titre des réparations collectives, ainsi que plus de 682 000 dollars pour les indemnisations individuelles. Pourtant, plusieurs mois après, les communautés attendent toujours la concrétisation de ces engagements, tandis que les activités de CDM ont repris sans que les conditions de cette reprise soient clairement rendues publiques.
Cette situation soulève de sérieuses interrogations sur le suivi du dossier par le ministère des Mines. Comment justifier la reprise des activités d’une entreprise alors que les mesures destinées à protéger et indemniser les populations ne sont pas, selon les ONG, effectivement exécutées ? La suspension était-elle uniquement une réponse immédiate à la pression suscitée par la catastrophe ?
Dans leur nouvelle sortie, cinq organisations, dont l’IRDH, Meda Mapendo, Horizon Kasapa, VADDIPER et Action pour la Justice et les Droits Humains, réclament l’exécution intégrale des mesures prescrites.
Elles exigent notamment la prise en charge sanitaire des victimes pendant au moins cinq ans, le forage de quinze puits d’eau potable, la réparation collective, la publication du rapport de la commission interministérielle et l’interpellation du ministre des Mines par l’Assemblée nationale.
Face à cette situation qui perdure, les organisations signataires appellent une nouvelle fois l’Assemblée nationale à prendre ses responsabilités en interpellant le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba. Pour elles, il ne s’agit plus seulement d’un différend entre une entreprise minière et les communautés locales, mais d’une urgence sanitaire et environnementale qui exige une réponse institutionnelle.
Elles insistent sur la nécessité pour les élus du peuple de sortir de leur silence, d’exercer pleinement leur contrôle parlementaire et d’agir pour protéger une population qui, près d’un an après la catastrophe, continue de réclamer justice, réparation et protection.
