Kinshasa, 5 novembre 2026- La République démocratique du Congo fait face à la plus grave épidémie de son histoire, selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Le directeur général de cette institution, le Dr Jean Kaseya, a présenté jeudi 5 novembre, à Addis-Abeba, un bilan particulièrement préoccupant de l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo, qui continue de se propager sur le continent africain.
D’après les chiffres communiqués par l’Africa CDC, l’épidémie totalise désormais 10 699 cas confirmés et 5 202 décès à l’échelle continentale. La RDC concentre presque l’ensemble de ce bilan, avec 10 668 cas et 5 198 décès recensés dans 67 zones de santé réparties à travers huit provinces. Parmi celles-ci, 51 restent en situation de transmission active.
Les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu constituent les principaux foyers de contamination, concentrant à elles seules plus de 94 % des cas enregistrés. Cette concentration géographique souligne l’ampleur de la pression sanitaire qui pèse particulièrement sur l’est du pays.
L’ampleur de cette crise est d’autant plus préoccupante que, 174 jours après sa déclaration, l’épidémie est déjà deux fois plus importante que celle survenue en Afrique de l’Ouest en 2014, à la même période de son évolution.
Au-delà de la progression des contaminations, l’Africa CDC alerte sur plusieurs faiblesses dans la riposte sanitaire. Plus de 85 % des nouveaux cas concernent des personnes qui ne figuraient pas sur les listes de contacts suivis par les équipes sanitaires. Une situation qui complique considérablement l’identification des chaînes de transmission et le contrôle de la propagation du virus.
Autre sujet d’inquiétude : environ 63 % des décès continuent de survenir au sein des communautés, en dehors des centres de traitement. Cette proportion met en évidence les difficultés liées à la prise en charge précoce des personnes infectées et à leur accès aux structures sanitaires.
La mobilisation financière constitue également un défi majeur. Sur les trois milliards de dollars américains annoncés par les partenaires et bailleurs internationaux pour soutenir la riposte, seul environ un tiers des fonds a effectivement été décaissé.
Face à ces indicateurs, les alertes de l’Africa CDC mettent en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes de surveillance épidémiologique, le suivi des contacts, la prise en charge des malades ainsi que le financement des opérations sur le terrain.
