Kinshasa, 17 novembre 2025- Au lendemain de la tuerie survenue au centre de santé de Byambwe, à une soixantaine de kilomètres de Butembo, la voix du prix Nobel de la paix, le Docteur Denis Mukwege s’est une nouvelle fois élevée pour dénoncer l’horreur qui continue de frapper les civils dans l’Est de la République démocratique du Congo. L’attaque, attribuée aux ADF, a coûté la vie à plusieurs patients, dont un grand nombre de femmes hospitalisées en maternité.
Dans une déclaration publiée ce lundi, le prix Nobel de la paix s’est dit “horrifié” d’apprendre que des mères et leurs enfants ont été tués alors qu’ils recevaient des soins. Il a rappelé que 11 des 17 victimes étaient des femmes présentes à la maternité, soulignant la vulnérabilité extrême dans laquelle elles se trouvaient. Pour le médecin, cette attaque dépasse le simple cadre d’un acte armé : elle s’en prend à la vie là où elle commence.
Denis Mukwege, gynécologue-obstétricien reconnu pour son engagement en faveur des survivantes de violences sexuelles en temps de conflit, a condamné avec force ces actes qu’il qualifie “d’abjects”. Selon lui, cibler des femmes qui viennent d’accoucher constitue l’une des pires atteintes possibles à la dignité humaine et s’apparente à une volonté délibérée d’instiller la terreur et de fragiliser durablement les communautés locales.
Il a également dénoncé ce qu’il appelle de “génocide silencieux des Congolais”, regrettant que les violences répétées dans le Nord-Kivu et l’Ituri se poursuivent dans une relative indifférence, tandis que les populations civiles continuent de payer un lourd tribut.
Face à cette situation, Mukwege appelle la communauté nationale et internationale à agir de toute urgence, renforcer la protection des civils, poursuivre les responsables et mettre un terme à l’impunité qui nourrit ces cycles de violence.
Pour lui, l’Est de la RDC ne peut pas continuer à être abandonné face à des attaques devenues trop fréquentes.
Cette réaction intervient alors que la région a connu plusieurs assauts meurtriers en l’espace de quelques jours, confirmant une nouvelle montée de l’insécurité attribuée aux ADF dans le territoire de Beni et ses environs.
