Kinshasa, 03 décembre 2025- Alors que l’idée du fédéralisme refait surface et alimente les discussions en République Démocratique du Congo, certains juristes et observateurs avertis lancent un appel à la prudence. Ils mettent en garde contre une adoption trop rapide de ce système dans un pays qui doit encore faire face à de profondes fragilités dans ses institutions.
Lors d’un entretien avec la rédaction d’Enquête.cd ce mercredi 3 décembre, Arnold Luzayamo Makoka, avocat et chercheur en droit constitutionnel comparé, a exprimé de vives inquiétudes à ce sujet.
« Appliquer le fédéralisme dans un pays qui souffre encore d’immaturité démocratique et d’instabilité, c’est comme donner un diamant à un bébé et lui demander d’en fixer la valeur », a-t-il déclaré.
Selon lui, le fédéralisme est une forme avancée de gestion gouvernementale, souvent perçue comme un puissant levier pour le développement rapide de nations déjà stables. Or, la RDC a encore bien du mal à assurer un fonctionnement démocratique équilibré, le respect de ses institutions et une véritable cohésion nationale.
« Tant que la souveraineté reste partiellement prise en otage par des forces extérieures et des groupes armés, parler de fédéralisme relève de l’utopie », insiste Maître Luzayamo.
Il suggère plutôt de se concentrer en priorité sur le renforcement de la démocratie, la consolidation de l’unité nationale et une lutte énergique contre la corruption et les mauvaises pratiques, avant d’envisager de changer la structure même de l’État. Pour ce constitutionnaliste, le moment est venu de réformer la manière de gouverner, et non de remodeler l’État en profondeur.
Ce débat promet d’ailleurs de susciter de nombreuses réactions, surtout que certaines voix politiques commencent à agiter cette option comme une solution aux tensions qui persistent dans les régions.
