Kinshasa, 13 décembre 2025- Dans un contexte de forte tension sécuritaire, marqué par la prise de la ville d’Uvira par le M23/AFC, la République démocratique du Congo a porté sa voix devant le Conseil de sécurité des Nations unies. À travers son intervention, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a exprimé les attentes claires et fermes de Kinshasa face à ce qu’elle qualifie d’agression caractérisée contre la souveraineté congolaise.
Pour les autorités congolaises, la chute d’Uvira constitue une ligne rouge franchie, révélant l’ampleur et la gravité de la menace qui pèse non seulement sur l’Est de la RDC, mais aussi sur la stabilité de toute la région des Grands Lacs. Kinshasa estime que cet événement impose une réaction immédiate et décisive du Conseil de sécurité.
La première exigence formulée par la RDC est la mise en œuvre intégrale de la résolution 2773 du Conseil de sécurité. Selon Kinshasa, l’occupation de nouvelles localités prouve que les engagements pris jusqu’ici restent largement inappliqués et insuffisants pour contenir l’escalade militaire.
La diplomatie congolaise réclame également des sanctions ciblées contre les responsables militaires et politiques de l’agression. Pour Kinshasa, la progression du M23/AFC jusqu’à Uvira démontre que l’absence de mesures coercitives fortes favorise la poursuite des hostilités et l’impunité des auteurs.
Par ailleurs, la RDC appelle à l’instauration d’un embargo total sur les minerais exportés comme rwandais, mais provenant en réalité de zones sous occupation illégale en territoire congolais. Kinshasa soutient que le financement du conflit passe en grande partie par l’exploitation et le commerce illicites des ressources naturelles.
Dans la même logique, Thérèse Kayikwamba Wagner a demandé la révocation du statut de contributeur de troupes du Rwanda aux opérations de maintien de la paix de l’ONU. La RDC considère qu’il est incompatible de participer à des missions de paix tout en étant accusé de soutenir une rébellion active sur le terrain.
En outre, Kayikwamba exige l’établissement d’un régime de notification systématique pour tout transfert d’armes vers le Rwanda, afin de renforcer la transparence et d’empêcher l’alimentation des conflits dans la région.
À travers cette sortie diplomatique, intervenue après la prise d’Uvira par le M23/AFC, la RDC appelle le Conseil de sécurité à assumer pleinement ses responsabilités. Pour Kinshasa, seule une action internationale ferme, crédible et cohérente peut permettre de restaurer la paix, protéger les populations civiles et préserver l’intégrité territoriale du pays.
