Kinshasa, 13 février 2026- Un mois après le grave incident environnemental survenu le 4 novembre 2025 sur le site minier CDM/Joli-Site à Lubumbashi, le gouvernement congolais affiche sa volonté de contrôler les conséquences de la catastrophe et de tirer les leçons de cette crise.
Dans un communiqué publié ce vendredi, le ministère des Mines annonce la fin des travaux de cette commission. Au-delà du bilan technique, l’État met l’accent sur la prise en charge humaine des victimes.
Sur le plan sanitaire, 670 personnes ont été traitées à l’Hôpital général Jason Sendwe. Sur le plan humanitaire, 350 ménages affectés ont reçu une assistance directe, tandis que 30 000 litres d’eau potable sont distribués chaque jour pour répondre aux besoins urgents des populations touchées.
L’accès durable à l’eau apparaît comme l’un des enjeux majeurs de cette réponse gouvernementale.
Quinze forages ont été programmés, dont sept déjà réalisés fin décembre 2025, selon le communiqué.
Parallèlement, les autorités évoquent des opérations de dépollution et de neutralisation des effluents, ainsi que la construction d’un bassin de rétention de secours, signe que l’incident a révélé des failles importantes dans les dispositifs de prévention et de contrôle environnemental.

Autre point sensible : l’indemnisation des victimes. Le gouvernement affirme que le processus est désormais formellement engagé, conformément aux procédures légales en vigueur.
Une étape attendue, dans un contexte où les communautés riveraines réclament souvent justice et réparations après des dommages causés par l’exploitation minière.
Le dossier CDM pose aussi la question de la reprise des activités minières. Le ministère des Mines prévient que l’entreprise ne pourra pas redémarrer tant que ses installations ne seront pas totalement mises en conformité.
Cette reprise reste conditionnée à la validation d’études environnementales et sociales actualisées, à une expertise indépendante des ouvrages, ainsi qu’à un suivi environnemental renforcé et permanent.

Cette fermeté affichée intervient après la décision du ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, qui avait ordonné dès le 6 novembre 2025 la suspension immédiate des activités de CDM pour trois mois, à la suite du grave incident du 4 novembre.
Ainsi, l’incident de Lubumbashi dépasse le cadre d’un accident isolé. Il relance le débat sur la transparence, la surveillance environnementale et la responsabilité sociale des entreprises minières dans un pays dont l’économie dépend fortement de l’exploitation des ressources naturelles.
