Kinshasa, 15 février 2026- Des habitants de Lomera, dans la province du Sud-Kivu, tirent la sonnette d’alarme face à ce qu’ils qualifient de pillage organisé des sables minéralisés dans leur localité. Ils accusent les responsables de la rébellion du M23, appuyée par les RDF, d’orchestrer un acheminement intensif de ces minerais hors de la République démocratique du Congo, sans bénéfice pour les communautés locales.
Selon plusieurs témoignages concordants, « plus de 50 bateaux et pirogues motorisées » accosteraient régulièrement pour charger des sables extraits du site minier de Lomera. Une vidéo transmise par des riverains montrerait un bateau en plein chargement sur les rives de la localité. D’après ces sources relayées par le journaliste Daniel Michombero, l’activité se déroulerait « jour et nuit », malgré une interdiction d’accostage qui aurait été annoncée auparavant par les autorités du mouvement rebelle.
Les habitants affirment que cette exploitation ne génère aucun bénéfice pour la population locale. Au contraire, ils décrivent une dégradation progressive de leurs conditions de vie.
« Des familles meurent de faim pendant que l’activité minière tourne sans arrêt », témoigne un résident, évoquant la perte de terres agricoles, d’habitations et de sources traditionnelles de revenus comme la pêche et l’agriculture.
Certains dénoncent également une insécurité persistante autour du site, rendant difficile toute activité économique indépendante.
Ces accusations ravivent les tensions déjà vives entre Kinshasa et Kigali. Les autorités de la République démocratique du Congo accusent régulièrement le Rwanda de soutenir le M23 et d’être impliqué dans des circuits d’exportation de minerais provenant des zones sous contrôle rebelle.
De son côté, Kigali rejette systématiquement ces allégations et dément toute implication dans un transfert illicite de ressources naturelles congolaises.
Face à ces nouvelles dénonciations, des voix s’élèvent au sein de la société civile pour réclamer l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les faits et les responsabilités. Dans un contexte sécuritaire déjà fragile dans l’est du pays, ces accusations pourraient accentuer les tensions diplomatiques régionales et relancer le débat sur la traçabilité des minerais issus des zones en conflit.
