Kinshasa, 5 mars 2026- Après sa prise de position publique contre l’idée de modifier ou réviser la Constitution projet soutenu par l’Union sacrée et le président de la République le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, fait désormais face à une motion de défiance.
L’initiative a été déposée par le sénateur Dany Kabongo Bondanya, à quelques jours seulement de la reprise des travaux parlementaires.
Interrogé par ACTUALITE.CD, le sénateur justifie sa démarche en estimant que les déclarations de Bahati Lukwebo manquent de considération envers le chef de l’État, qu’il qualifie d’« autorité morale » et d’initiateur de l’Union sacrée de la nation. Selon lui, un responsable occupant des fonctions aussi importantes au Sénat aurait dû privilégier la consultation interne avant de s’exprimer publiquement sur un sujet aussi sensible.
« Ses propos ne sont pas appropriés. C’est un manque de respect envers l’autorité morale, qui est à la base de l’Union sacrée. En tant que dirigeant, il aurait dû se référer à cette autorité avant de prendre la parole », a expliqué le sénateur Dany Kabongo. Il a également annoncé qu’il détaillera, dans une prochaine sortie médiatique, les autres griefs justifiant cette motion.
La controverse a été déclenchée par la conférence de presse de mercredi au cours de laquelle Bahati Lukwebo a exprimé son opposition à l’idée de changer la Constitution, estimant que le texte actuel n’est pas en soi un obstacle au développement. Il a appelé à concentrer les efforts sur des actions concrètes en faveur de la population plutôt que sur ce qu’il considère comme un faux débat.
Cette prise de position a immédiatement suscité des réactions au sein du camp présidentiel. Parmi les voix critiques, celle de Félix Tshisekedi, dont la vision est portée par l’UDPS, a été évoquée par certains cadres du régime, qui jugent la déclaration de Bahati Lukwebo contraire aux orientations de l’Union sacrée.
